Dans le domaine de la solidarité, il n’y a pas de spécificité ni de particularité. C’est une action commune au profit d’une catégorie de personnes nécessiteuses. Et toutes les initiatives en la matière sont à encourager. Ainsi, pour les analystes, l’action de solidarité doit être une action multidimensionnelle. En effet, «l’action de solidarité ne saurait être le monopole d’un acteur au détriment d’autres acteurs. L’action (ou le travail de réhabilitation de la solidarité nationale) doit d’abord impliquer bien entendu les pouvoirs publics mais aussi la société civile, les partis politiques, bref toutes les potentialités que compte le pays», explique M. Khalid Naciri, politologue. Pour sa part, M. Moustapha Karbach, analyste, souligne que «c’est la somme de la synergie entre les différents acteurs qui peut créer une dynamique nouvelle et qui peut aussi féconder un champ fertile de solidarité pouvant impliquer la population dans le processus en question.» Mais prévient un troisième commentateur, il y a à ce niveau un écueil à éviter : c’est celui d’enraciner au sein de la population une mentalité d’assisté. Le processus doit faire comprendre tant aux initiateurs qu’aux bénéficiaires le sentiment d’appartenir à la même société, à la même famille et qui partagent les mêmes valeurs de la solidarité. Ce qui suppose, comme le suggère M Khalid Naciri, que le processus de solidarité ait pour objectif d’impliquer positivement la population. «Il s’agit d’un travail qui devrait être mené par tous les acteurs réunis dans une synergie qui peut déboucher sur le renforcement des liens entre concitoyens d’un même pays ou ressortissants d’une même région». Pour Mme Yasmina Baddou, Secrétaire d’État chargée de la Famille, de la solidarité et de l’action sociale et qui dit être à la tête d’un petit Département n’ayant pas de délégations à travers tout le Royaume, l’action de solidarité doit se faire à travers des ONG. Ces dernières initient beaucoup d’actions dans les campagnes et mêmes dans les zones qui sont difficiles d’accès.
Raison pour laquelle, Mme Baddou a décidé d’œuvrer à travers ces associations pour la simple raison que les associations sont un peu partout dans le Maroc. Elles ont déjà des structures, du personnel et sont opérationnelles et par conséquent sont à même de traiter des problèmes des personnes qui les sollicitent. Mais en raison des difficultés financières et du manque de formation, ces ONG ont de plus en plus mal à faire face à la situation. En effet, et partant d’une bonne intention, des personnes créent des associations et initient des actions mais souvent elles n’ont pas les compétences nécessaires pour gérer une association. Un motif de plus pour la ministre pour qui il était temps de lancer des cycles de formation en faveur de ces associations, car il ne suffit pas uniquement d’apporter des fonds à ces institutions, mais il faut leur apporter un savoir-faire dans leur élan de solidarité. L’idée est de consolider leur structures pour qu’elles ne disparaissent pas faute de compétences nécessaires. A part ces institutions qui sont à l’origine de l’action de solidarité, il existe des particuliers qu’on pourrait qualifier de leaders dans les quartiers ou dans les villages. «Bien sûr, il y a toujours la dimension personnelle qui doit être prise en considération. Il est évident que si cette opération n’est pas prise en charge par des hommes et des femmes de bonne volonté, et qui ont une puissante volonté d’action, le processus ne débouchera sur rien. Il ne fait pas de doute que cette implication d’hommes et de femmes sur le terrain doit être requise et il s’agit d’un facteur absolument irremplaçable», soutient un Directeur d’entreprise. Cependant, il ne s’agit pas d’initier des actions de solidarité mais plutôt faire fructifier cette initiative au profit de la population nécessiteuse. C’est-à-dire que l’action de solidarité doit s’inscrire dans le temps et dans l’espace. Ce qui nécessite l’implication de tous et de chacun.
M.S.