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Le cheval de Troie de l’islamisme

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On nous en a fait avaler des couleuvres sur la prépondérance du concept de solidarité dans les thèses véhiculées par les sectes islamistes! A l’occasion du bon score enregistré par le PJD lors des dernières élections législatives, l’on a même essayé de faire passer un vote de sanction à l’endroit des partis traditionnels pour la consécration politique (légitime) d’un combat de longue haleine, mené au niveau de la société civile par des barbus bienveillants.
Le cas Masjid Ennour est probablement le plus révélateur de ce fourvoiement dont nous avons tous été plus ou moins victimes (personne n’a senti se profiler les attentats terroristes d’il y a maintenant deux mois!). Voilà donc une usine d’assemblage de "minis" Ben Laden qu’on reconnaissait d’utilité publique, quasiment…
Nombreux sont les aspirants "moudjahiddines" qui ont transité par le centre d’accueil et de formation de l’association Attajdid wa Tabligh (une annexe de Masjid Ennour) avant de se retrouver affublés de kalachnikovs quelque part dans les reliefs escarpés afghans (par solidarité avec leurs frères Talibans). Heureusement que le 16 mai a fini par faire éclater au grand jour les sombres desseins de ces prétendus samaritains, qui ne sont, à l’évidence, bons qu’à semer mort et désolation.

Campagnes de R.P.

Jamais plus d’Al Adl wal lhsane aussi. Il y a peu, cette formation, chapeautée par l’inquiétant Cheikh Yassine, passait encore pour une association de bienfaiteurs qui s’attelaient, tant bien que mal, à venir en aide aux nombreux nécessiteux qui peuplent nos rues. La fille du guide spirituel de cette mouvance, la "people" Nadia Yassine, aurait même pu être élue "voilée la plus photographiée du monde", tant des photos d’elle fleurissaient en "première de couv’" d’un bon nombre de publications (même "Le Monde" s’est longtemps fait l’écho des doctrines qu’elle véhicule!). Les islamistes radicaux marocains ont très vite assimilé qu’il se devaient de soigner leur image à gros renforts de campagnes de relations publiques.  
Cette phase de l’islamisme à visage humain est, aujourd’hui, révolue. Les chantres de l’extrémisme ne peuvent plus se faire passer pour les premiers de la classe dans le champ de la solidarité sociale. En effet, on ne peut se dire solidaire des martyrs Palestiniens ou Irakiens au nom de l’Oumma - la communauté musulmane - et aspirer, en même temps, à organiser des attentats terroristes visant la mort d’innocents (qui font, tout autant, partie de cette Oumma)! Maintenant qu’ils sont démasqués, les barbus peuvent toujours se démener à organiser leurs " f’tours " caritatifs durant le ramadan ; personne ne gobera plus un mot de ce qu’ils chantent !
L’année dernière, pour le compte de La Nouvelle Tribune, j’ai mené une enquête touchant de près aux milieux islamistes (LNT # 323 du 19-09-2002). Le titre de cet article, " Enquête à Douar Sekouila : extrémistes querelleurs ou simples bigots ? ", indique à lui seul à quel point les barbus que j’y avais rencontrés m’avaient possédé.

Errare humanum est (perseverare diabolicum)

Une anthologie de méprises, cet article. Je l’ai su alors que j’entendais distraitement un flash d’infos à la radio, quelques semaines après le vendredi noir. Parmi le désormais quotidien lot de barbus interpellés, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre un nom –assez rare – qui étaient familier à mes oreilles : Aït Ouaarab
Un des frères Aït Ouaarab, famille de commerçants de Sidi Moumen, venait d’être alpagué parce qu’il avait glorifié publiquement les actes terroristes du 16 mai. Flash-back : les trois frères Aït Ouaarab, dépeints comme des financiers des organisations "Assirat Al Moustakim" et Attafkir wal Hijra (dont les membres comptent parmi les principaux inculpés dans les attentats de Casablanca) par "Al Ahdat Al Maghribia", m’avaient accordé un long entretien quelques jours après la parution de l’article les incriminant.
Chichement vêtus, habitant à plusieurs dans une piaule minuscule de Douar Sekouila, ils m’avaient facilement (trop facilement) convaincu que les accusations d’Al Ahdat n’étaient qu’un tissu d’âneries. J’ai mordu à l’hameçon des Aït Ouaarab, parce qu’ils m’ont abreuvé de discours grandiloquents sur l’amour d’autrui, sur l’humanisme et sur la solidarité sociale.

Ne touche pas à mon pays !

"Si l’islamisme est l’apanage de ceux qui demandent la miséricorde divine […] alors je suis un islamiste convaincu. Par contre, si l’islamisme définit la déviance violente de l’Islam, alors je ne suis qu’un simple musulman inoffensif à l’égard de son prochain", avait déclamé celui des frères Aït Ouaarab qui est aujourd’hui écroué (il a bien dû rire dans sa barbe en me balançant cet amas de conneries !).
"Vous savez ! il est très aisé pour un islamiste de se fondre dans la masse en rasant sa barbe et en portant des fringues modernes. En revanche, ce n’est pas parce qu’un criminel porte une longue barbe et un habit afghan qu’ils faut mettre tous ceux qui ont le même look que lui dans le même sac", avait-il ajouté afin d’expliquer que trop d’amalgames sont établis entre Islam et terrorisme. Et ceux qui se félicitent de la mort de dizaines d’innocents, ne doivent-ils pas être mis dans le même sac que les terroristes ? Les Aït Ouaarab et leurs semblables ne pourront plus berner grand-monde. L’islamisme soft, à visage humain, n’aura été qu’une illusion, balayée un soir sanguinolent de printemps.

A quelque chose malheur est bon

Si le Printemps de Prague avait dévoilé au monde, à la fin des années 60, le communisme à visage humain d’Alexander Dubcek, de Svoboda (Président de la Tchécoslovaquie, dont le nom signifie liberté dans la langue de ce pays) et de Jan Palach (un étudiant qui s’était immolé par le feu pour protester contre l’occupation soviétique), le Printemps de Casablanca aura au moins eu le mérite de dévoiler la partie immergée de l’iceberg, la face inhumaine des mouvements islamistes de Yassine, Ramid, Zemzami, Fikri… et des misérables kamikazes de Sidi Moumen.                          

M.L.



 

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