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Un champ d’application encore en friche et vaste

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Publier le : July 17, 2003

«Le concept même de solidarité envoie à un projet de société. Je crois qu’il est difficile d’aborder la question dans une dimension purement instrumentale et opérationnelle sans la cadrer d’abord dans son contexte explicatif et lui rendre l’intelligibilité dans son acceptation. Car la solidarité envoie à un concept de solidarité qui est celui de l’autre vision de la société par définition de ce qui a prévalu jusqu’à présent, c’est-à-dire dans une approche novatrice en la matière et qui prend en considération la nécessité d’intégrer les classes et couches populaires défavorisées, lesquelles ont vécu une véritable mariginalisation durant les décennies passées.» M. Khalid Naciri, qui réagissait ainsi à la question se rapportant au champ d’application de la solidarité, sait de quoi il parle. Membre du Bureau politique du PPS, Universitaire et Directeur Général de l’École Nationale d’Administration, M. Naciri est connu pour son franc-parler et ses analyses percutantes. Pour lui, la solidarité s’applique à tous et peut se faire dans tous les domaines. L’essentiel est qu’elle s’inscrive dans un cadre social sans pour autant donner l’impression aux bénéficiaires qu’ils sont des éternels assistés. Ce qui suppose d’initier des actions qui s’inscrivent dans le long terme et de dépasser le cadre conjoncturel et ponctuel. D’ailleurs, notre interlocuteur le dit crûment avec un certain regret devant l’ampleur du déséquilibre entre les différentes couches sociales. «Évidemment, nous sommes en train de payer la facture de cet espèce d’abandon au profit d’une perception économique du développement, lequel a montré aujourd’hui ses limites. La dimension humaine du développement doit être réhabilitée. C’est cela que j’appelle un nouveau projet de société et qui prend en considération d’abord les hommes parce que le développement a pour finalité de se mettre au service des hommes et des femmes d’une société.» Or, précisément, il se trouve qu’il y a eu une certaine omission au profit d’un certain nombre d’agrégats purement économiques et cela a été une erreur.

Aide et non assistance

«En outre, nous sommes en train de constater des dégâts monumentaux en la matière. Les pouvoirs publics sont aujourd’hui confrontés, malgré leur volonté réformatrice, à l’ampleur d’un phénomène et d’une problématique qui ne sont pas faciles à affronter.» Dans ces conditions, en quoi doit consister la nouvelle approche de la solidarité? Selon M. Khalid Naciri, cela devrait commencer d’abord par s’occuper du domaine social dans lequel les déficits sont énormes en matière de logement, d’emploi, de santé et d’éducation. Et précisément, le devoir des pouvoirs publics, confortés par les forces démocratiques, du progrès et de la modernité, est de mettre en œuvre la somme du travail qui commence, semble-t-il, par la formalisation d’un vaste chantier de grands travaux ayant pour objectif de ramener la confiance, l’espoir et l’optimisme au sein de la population avant d’impliquer les potentialités d’une jeunesse à l’énergie débordante, mais qui est complètement stérilisée, dans les grands chantiers de travaux et de rénovation d’infrastructures dont le pays aurait le plus grand besoin. En d’autres termes, il s’agit de solidarité qui va au-delà des actes de bienfaisance et qui implique la population d’une façon générale dans ce processus de développement. Autrement dit, l’espace de solidarité doit se manifester d’une façon intelligente tant dans les quartiers défavorisés que dans les zones rurales. Pour M. Mohamed D, Président d’une association de bienfaisance, la sphère de la solidarité est largement étendue ces dernières années. Qu’il s’agisse d’entreprise privée, semi-publique ou encore d’institutions, les actions caritatives se sont multipliées. «Nous sommes dans une sorte de convergence d’idées et d’actions visant à aider les personnes nécessiteuses. Ces actions sont parfois symboliques mais l’essentiel est qu’elles participent à la consolidation du tissu social. Il pourrait s’agir des jeunes, des familles nombreuses ou tout simplement des établissements scolaires pour l’alphabétisation des jeunes filles, des maisons d’artisanat dans les périphéries pour femmes au foyer.» D’autres domaines connaissent une intense activité solidaire tels la prise en charge des soins sanitaires en faveur des personnes indigentes, les funérailles, le pèlerinage... Cependant, en ce qui concerne la formation universitaire ou encore les études à l’étranger, la solidarité n’a pas encore trouvé sa lettre de noblesse mais l’espoir est permis. «D’ici quelques années, aucun domaine ne sera oublié par la solidarité agissante étant donné que plus le Maroc améliore son niveau de développement, plus les gens seront généreux», conclut Mohamed D.

M.S.



 

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