A travers l’histoire, il s’est avéré que le retrait de l’État de la sphère sociale a aggravé le phénomène de la pauvreté, la marginalisation et l’exclusion. Actuellement, on reconnaît de plus en plus qu’il est nécessaire de faire de la réduction du phénomène de la pauvreté l’objectif majeur du développement. On prend également conscience du fait que là où le rôle et la responsabilité de l’État ont été atténués, de puissants acteurs du monde des affaires et de la société civile sont en concurrence pour combler le vide ainsi créé. Conséquence immédiate: un nombre important de pays ont jugé utile, solidarité oblige, l’élaboration d’une stratégie de développement national qui vise à réaliser un progrès humain qui soit assuré et durable et qui renforce les moyens d’action de la majeure partie de la population.
De la démocratie
Incontestablement, l’État a dans ce contexte un rôle important à jouer pour ce qui est de la mise en place et de la préservation d’un cadre réglementaire impartial et un environnement propice à la solidarité, à l’entreprise privée, à la créativité individuelle et à l’action sociale, ainsi que de réduire au minimum les effets néfastes de la mondialisation. La démocratie, quant à elle, n’est pas une panacée, du point de vue d’un analyste, pour le développement humain et la réduction de la pauvreté, mais elle offre de meilleures possibilités d’atteindre ces objectifs que tout autre système de gouvernement.
Celle-ci crée, selon lui, des possibilités et renforce les capacités des pauvres et des défavorisés. Dans ce sens, il a ajouté que toutefois, il ressort de l’expérience acquise que les États dont les institutions sont déficientes n’ont pas été en mesure ni de renforcer les moyens d’action de leurs citoyens afin de leur permettre de prendre part à la prise de décisions ni d’éviter les coûts sociaux qu’elle engendre. Dans ces conditions, lorsque la gouvernance est démocratique, selon lui, qu’elle s’inspire des principes de la participation, de la primauté du droit, de la responsabilité et de la transparence, entre autre, elle contribue pour beaucoup à l’amélioration de la qualité de la vie et au développement humain de tous les citoyens. En tant que telle, une gouvernance démocratique a une valeur intrinsèque pour le développement humain. De plus, la plupart des démocraties stables tendent à avoir des niveaux de pauvreté inférieurs. Automatiquement, la contrepartie étant que les régimes qualifiés de démocratiques qui laissent leurs citoyens dans une pauvreté qui perdure tendent à être éphémères. Le dernier Forum Global sur la réinvention du rôle de l’État organisé à Marrakech avait souligné avec force l’importance de l’implication de l’État dans le social. En fournissant des structures gouvernementales locales qui distribuent les ressources de façon équitable, transparente et responsable, l’État améliore aussi l’accès des citoyens aux services. La décentralisation, lorsqu’elle est démocratique, crée des structures locales qui peuvent prendre des décisions et distribuer des services et des ressources indépendamment de l’autorité centrale. Résultat: cela rend la gouvernance étatique plus efficace et plus adaptée aux besoins locaux. La mise en œuvre décentralisée des programmes améliorent la fourniture des services tels que les soins de santé primaires, l’éducation et des centres d’hébergements et des logements sociaux et l’accès à ces services. Autrement, le désengagement de l’État de ses principales missions plaide en faveur de solutions de façade qui peuvent investir parfois le champ de la solidarité. En réalité, une sorte de cache-misère de la démission l’État.
H.Z.