"Les yeux des enfants rient toujours quand ils ne pleurent pas", "On n'est pas orphelin pour avoir perdu père et mère, mais pour avoir perdu l'espoir"! C'est, en fait, armée de cette conviction que la Ligue Marocaine pour la Protection de l'Enfance (LMPE) mène résolument ses diverses actions en faveur de l'enfance. Les réalisations sont importantes. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Pour les enfants de 3 mois à 6 ans, 5 centres comprenant 6 classes de crèche et 18 classes de jardin d'enfants ont été créées en faveur de l'enfance. Il s'agit: des centres Baladia, Lalla Meryem, Oasis, Aïn Chock, Sidi Othman avec une capacité d'accueil de respectivement 250, 180, 100, 150 et 250 enfants. Ces centres prennent en charge, en demi-pension les enfants pour permettre aux femmes des milieux modestes et défavorisés de travailler. Pour ce qui est des enfants de 7 à 14 ans, la Ligue a construit 3 clubs parascolaires: Club Lalla Meryem (120 enfants), Club Ain Chock (140 enfants) et Club Sidi Othman (120 enfants). Ces clubs offrent des activités socio-culturelles et récréatives permettant de développer les loisirs des enfants scolarisés et de mieux utiliser leur temps libre. Pour les petites bonnes, 3 classes d'alphabétisation sont à leur service en vue de leur permettre d'apprendre à lire et à écrire et de s'épanouir. Pour les mères célibataires et dans le but de limiter l'abandon des nouveau-nés, le Foyer Basma accueille des mères (22 pensionnaires de manière régulière) en détresse pour assurer, au cours de leur grossesse et pour leur accouchement, une prise en charge matérielle, médicale et psychologique. Sur les 120 pensionnaires accueillies par le centre depuis septembre 2001: 10 abandons et placements en institution spécialisée, 14 mariages avec le père biologique de l'enfant, 52 retours dans les familles d'origine, 20 insertions sociales et professionnelles des mères. Dans le même sens et pour la réinsertion des 8 à 20 ans, la ligue a procédé à la création de 9 classes d'éducation non formelle: Sidi Othman (70 enfants) Aïn Chock-Hay Hassani (24 enfants), Casa-Anfa (12 enfants) et El Bernoussi-Zenata ( 169 enfants). Depuis la création de ces classes, 526 femmes et enfants ont bénéficié de cet enseignement et 80 ont déjà intégré l'école publique. Toutefois, faisant partie de ses activités sociales, une "opération Ramadan" est organisée annuellement pendant ce mois sacré et ce depuis 1993 (Ex: pour l'année 2002, 95 000 repas ont été distribués aux personnes nécessiteuses dans différents quartiers de la ville de Casablanca. Dans la même lancée, la Ligue compte atteindre des projets à moyen terme. Ainsi, au cœur de ses objectifs la reconstitution du Centre de Baladia, la signature de partenariat avec diverses ONG et l'ouverture de nouvelles crèches et jardins d'enfants. De quoi faire sauter de joie le cœur de ces chérubins.
H.Z
La LMPE de Casablanca
Les actions réalisées par le Bureau Régional de la LMPE à Casablanca illustrent et concrétisent parfaitement les objectifs fixés sur le terrain et à travers lesquels d'importantes initiatives concertées avec les différents partenaires, ont pu être développées, notamment, en faveur des mères et des enfants en situation précaire. Sous la présidence de Mme Tazi Touria, ce bureau gère 6 classes de crèches et 18 classes de jardins d'enfants dans différents quartiers de la ville. Ainsi, pour développer les loisirs des enfants scolarisés et leur permettre de mieux utiliser leur temps libre, 3 clubs ont ouvert leurs portes à Aïn Chock, Sidi Othman et Derb Ghallef pour une capacité de 450 places. D'autres activités du genre sont également assurées par le bureau de la ligue à Casablanca.
(ex: ce même comité s'occupe du vestimentaire de 120 pensionnaires du Home Lalla Amina de Benslimane et organise pour ces enfants, privés de famille, leur colonie de vacances annuelle...).
Ce que pense Mme Touria Tazi, Présidente Ce que pense Mme Touria Tazi, Présidente du Bureau de Casablanca
La Nouvelle Tribune: Que signifie pour vous la solidarité ?

Mme Tazi : De prime abord, je pense qu'être solidaire c'est tout simplement être à côté et à l'écoute de tous ceux qui ont besoin d'un coup de main, d'un soutien quelle que soit sa nature. D'après mon expérience en la matière, j'ai déduit à travers les années que la solidarité n'est autre que d'être avec la société, connaître ses problèmes et essayer d'y trouver les solutions avec le peu que nous avons et bien sûr avec de la bonne volonté. Il faut dire aussi qu'après les événements du 16 mai, la solidarité au Maroc a commencé à prendre de l'ampleur. D'abord nous avons pu remarquer que la société civile s'est réveillée. Ce qui est une bonne chose. Actuellement, nous assistons à une forte mobilisation des ONG de tout bord. En effet, après ces événements et en ce qui concerne notre association, à chaque fois que nous élaborons un plan d'action dans notre domaine, je trouve à mes côtés des gens qui nous disent "oui, nous sommes prêts pour vous aider". Néanmoins et jusqu'à présent, je pense toujours aux victimes de ces attentats sauvages qui ont payé le prix cher.
Que faut-il pour mener à bien des actions de solidarité ?
Mme Tazi: Je pense qu'il faut se rendre compte qu'une catégorie de la population au Maroc est off-shore. Ces riches qui ne prennent pas les autobus ne savent pas la souffrance qu'il y a à l'intérieur. Ces riches aussi de nos administrations n'envoient pas leurs enfants aux écoles publiques et ne savent pas que c'est très difficile pour un enfant d'apprendre à lire et à écrire dans une classe de 40 élèves. Ces riches aussi ne savent pas non plus qu'il est impossible pour un instituteur mal payé, de remplir sa mission parfaitement. Ce sont des exemples parmi tant d'autres encore beaucoup plus désolants. Dans ces conditions, je pense que la solidarité se situe au niveau de l'écoute et d'être branché en permanence avec la société marocaine.
Et c'est là la véritable écoute. Pour moi, c'est l'écoute qui est le plus important dans la solidarité. De notre part, nous avons crée des espaces culturels et cela a donné de bons résultats. Nous n'avons pas cessé de tirer la sonnette d'alarme sur la situation des petites bonnes et cela aussi a permis d'intégrer une nouvelle culture en faveur de ces petites. Donc, je le répète, il faut être à l'écoute de notre population. De plus en plus on s'approche des gens, de plus en plus on connaît leurs problèmes et de plus en plus les solutions deviennent abordables. Dans ces conditions, il ne faut pas négliger le rôle de l'État. Ce dernier a beaucoup de choses à faire dans ce domaine. Son rôle est indispensable pour appuyer les actions de solidarité des ONG dans notre pays.
Propos recuillis par
H.Z