Apre bataille juridique entre les avocats et le juge Lahcen Tolfi à la salle n°7 de la Cour d’Appel de Casablanca où est jugée actuellement l’affaire, très médiatisée, dite “Cellule dormante d’Al Qaïda”. Il est 15 h en ce mardi 28 janvier. Dès le début de l’audience, la défense donne le ton. Me Moustapha Ramid persiste et signe: “les avocats demandent que le greffier lie leur requête au dossier”. La réponse du juge ne s’est pas fait attendre. C’est un non catégorique, la Cour ayant déjà statué avant d’ajouter qu’il est temps de rentrer dans le vif du sujet conformément aux dispositions de l’article 318 du code de procédure pénale. Retour à la case départ. Le Pjdiste Ramid insiste sur sa requête. Le ton monte et le juge revient à la charge : “Pas question”, dit-il. Un échange vif est engagé entre les deux hommes et l’audience est suspendue pour 15 minutes. Les nombreux observateurs, venus assister à l’audience, resteront sur leur faim. Puisqu’il fallait attendre 17 h pour la reprise de l’audience L’argumentaire de la défense est sans équivoque. Pour elle, il s’agit là d’une question de vie ou de mort et “la Justice marocaine, dans son ensemble, est responsable du processus du procès en question.” Des mots qui laisseront le juge indifférent. “ Ne me forcez pas à utiliser mon pouvoir d’appréciation car c’est moi qui gère cette Cour”, affirme-t-il. Réaction cinglante de la défense : “Non, M. le juge! c’est la loi qui gère la Cour et la défense a le droit de savoir tout ce qui touche de près ou de loin l’affaire en question”, réplique Me Ramid. Pour calmer le débat, le bâtonnier intervient en demandant au juge de suspendre l’audience pour10 minutes pour un moment de réflexion et de coordination. Mais, dès la reprise de la séance, les choses étaient orientées dans le sens du maintien de la tension. Le juge donne la parole à Me Khalil Idrissi qui estime nécessaire le rappel au respect de la procédure et réitère sa demande de vérification du respect strict des procédures quant à la désignation de la nouvelle Cour. L’avocat sera interrompu plusieurs fois, dans sa démarche, par le Président, mais Me Khalil Idrissi a pu finalement invoquer les multiples vices de forme, les recours, les dérives du juge d’instruction et autres travers. Vers 22h55, le juge décide de reporter le procès au jeudi 30 janvier. Du côté de la défense, on a voulu tout recommencer, depuis le début, alors que la Cour semble vouloir poursuivre, après l’énumération de rappel de procédures. En somme, celles et ceux qui ont assisté à cette audience, ont pu remarquer un échange “électrique” entre la défense et le nouveau Président de la Cour. La séance de ce jeudi devrait ramener le procès aux questions sérieuses, notamment l’audition des témoins, et les faits reprochés aux dix accusés (7 Marocains et 3 Saoudiens). D’ici là, la défense des inculpés a encore du temps pour recharger ses batteries et mieux préparer son prochain face-à-face avec le juge et le parquet.
H.Z.