Quand les opérateurs économiques, affiliés à la CGEM, rencontrent le ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales et de la mise à niveau de l’économie, c’est pour se dire les quatre vérités sans détour et loin de toute considération politique. Et lors de l’Assemblée plénière de la CGEM, M. Aderazzak El Mossadeq, a fait une présentation magistrale des préoccupations des hommes d’affaires et des problèmes qui entravent la bonne marche de l’économie. Invité d’honneur de cette première rencontre, le ministre n’a pas fait de détails pour situer les responsabilités. C’est M. Hassan Chami, Président de la CGEM, qui ouvre le débat en insistant sur le fait que l’année 2002 a été celle de l’attentisme pour l’économie même si l’on a constaté une bonne croissance du PIB. Il a aussi souligné que l’année 2002 a connu des réformes importantes pour l’économie notamment l’adoption de la loi sur l’AMO. L’autre fait important a été également les élections qui ont couronné la vie politique de 2002. D’où des espoirs fondés quant à l’accélération du processus de réformes engagées par le pays. Pour avoir une idée sur le comportement de l’économie, M. Azzedine Guessous, vice-président de la CGEM, a donné quelques éléments sur la conjoncture économique en 2002. À ce propos, souligne t-il, “l’économie nationale a enregistré en 2002 un taux de croissance de 4,5 % après 6,5 en 2001 grâce à la réalisation d’une campagne céréalière de 50,3 millions de quintaux contre 45 millions en 2000/2001 et au bon comportement de l’activité dans certains secteurs non agricoles.” Cependant, insiste le vice-président de la CGEM, il faut prendre en considération que l’économie nationale a évolué dans un environnement international marqué par un affaiblissement de la croissance mondiale, et notamment européenne, se situant à 0,7 % en 2002. Pour ce qui est de l’année 2003, continue M. Guessous, “le bon démarrage en cours de la première phase de la campagne agricole impulse davantage que prévu la valeur ajoutée du secteur primaire et les activités qui lui sont traditionnellement liées (commerce, transport,...), les créations d’emplois et les revenus des ménages, notamment en milieu rural.” Mais avec l’ombre d’une guerre contre l’Irak et une éventuelle augmentation du prix du pétrole qui en découlerait, la croissance de l’économie nationale pourrait être revue à la baisse. Pour sa part, en répondant aux différentes interrogations des opérateurs, M. Mossadeq a été on ne peut plus clair : “le programme du Gouvernement est la satisfaction des besoins des citoyens”. Celle-ci n’est possible que lorsqu’il y a un programme de restructuration industrielle adéquat, une promotion de l’investissement et une mise à niveau du tissu économique. Pour le ministre donc, il est temps d’agir, de concrétiser certaines actions entreprises. D’ailleurs, les cinq pôles de la mise à niveau pourront jouer un grand rôle dans le cadre des réunions a-t-il précisé avant d’inviter le monde des affaires à traduire la confiance actuelle en actes. “Nous voulons être un gouvernement d’action de tous les jours et non celui de 100 jours”, réplique t-il à ceux qui tentent aujourd’hui de juger le gouvernement trois mois après sa nomination. Quant aux normes et certifications des produits marocains, elles ont été jugées indispensables dans un contexte de mondialisation. Enfin, l’Assemblé plénière de la CGEM, de ce mardi 4 février, a montré qu’opérateurs économiques et ministre de tutelle ont tous le même souci : celui de tirer vers le haut les différents indicateurs économiques pour le développement global du pays.
M.S.