40 jours après les attentats sauvages du 16 Mai à Casablanca, les Marocains viennent de rendre hommage, en ce mardi 24 juin, aux victimes de cette tragédie. Autre hommage à la mémoire de ces victimes et une autre condamnation de tout un peuple au terrorisme et à l’obscurantisme. Simple hasard de calendrier, le lendemain, mercredi 25 juin, le procès des 31 accusés dans le dossier des attentats du 16 mai s’est ouvert alors que l’enquête et les investigations sur ces attentats se poursuivent sans relâche.
Les enquêtes et les investigations n’ont épargné personne. Des avocats et des journalistes ont été interpellés. Ainsi, Me Abdelah Ammari a comparu devant le juge d’instruction mardi dernier pour un complément d’information. Il est poursuivi pour avoir violé le secret de l’instruction, ne pas avoir dénoncé certains accusés et incité certains de ses proches, membres de la Salafia Jihadia à quitter le territoire. L’autre avocat arrêté dans cette affaire est Me Ahmed Zmir Filali. Le domaine de la presse a été, lui aussi, touché. Des responsables de la presse ont été interrogés par les éléments de la PJ. En effet, selon un communiqué du SNPM, trois responsables de la presse nationale ont été interpellés à Oujda pour avoir publié un texte sur le Jihad ( guerre sainte) au Maroc. Dans ce communiqué, le SNPM a indiqué que Mustapha Qachni et Mohamed El Hourd, directeurs de Al Hayat Al Maghribiya et de Asharq, deux journaux régionaux, ainsi qu’Abdelmajid Ben Tahar, rédacteur en chef d’Asharq, ont été transférés à la préfecture de police de Casablanca. Selon le syndicat de la presse, l’interrogatoire de ces trois journalistes porte sur la publication d’un article dans lequel l’auteur « traite de ce qu’il juge être le Jihad au Maroc». Dans l’article incriminé, publié dans ces deux journaux d’Oujda, un Islamiste fait l’éloge de « l’action et du mouvement jihadiens au Maroc». Sur un autre plan, les autorités marocaines auraient adressé quelque 16 demandes de commission rogatoire aux autorités espagnoles concernant des membres présumés du réseau de la Salafia Jihadia liés à l’affaire des attentats du 16 mai. Il faut dire que l’arrestation de Pierre Richard, alias « Abou Abderrahman», a ouvert la piste à des découvertes importantes pour le procès. Au fil des interrogatoires et des progrès de l’enquête sur ces attentats sanglants, l’implication directe des barbus de la Salafia Jihadia est de plus en plus manifeste. En témoignent, bien sûr, les révélations faites par les mis en cause devant les enquêteurs et le juge d’instruction. Le procureur général du Roi près la Cour d’Appel de Casablanca, M. Abdellah Alaoui Belghiti a tenu à préciser que les investigations et les recherches menées par les éléments de la police judiciaire se poursuivent de manière soutenue et approfondie sous la supervision et le contrôle du parquet pour l’identification de tous les éléments directs impliqués ou ayant une relation avec les événements tragiques qui ont eu lieu le vendredi 16 mai à Casablanca. Pas de répit donc pour les terroristes.
H.Z.
Procès Youssef Fikri
Report au 2 juillet
La Chambre Criminelle près la Cour d’Appel de Casablanca vient de reporter l’affaire Youssef Fikri et sa bande présumée, constituée de 30 individus inculpés de nombreux crimes et agressions commis entre 1998 et 2002. En ce matin de mercredi 25 juin, la salle où doit être jugée le l’affaire était archicomble. Dans le box, Youssef Fikri, Mohamed Damir et les autres esquissent des sourires pour rassurer leurs proches et amis. Après une heure d’audience, le juge a décidé de reporter l’audience au 2 juillet pour permettre à certains accusés de bénéficier de leur droit à la défense. Ces derniers sont poursuivis pour constitution de bandes criminelles, homicide volontaire avec préméditation, possession et utilisation d’armes à feu, de munitions, d’armes blanches, d’engins lacrymogènes, enlèvement... L’instruction dans cette affaire qui a commencé en juillet dernier, risque encore de durer plusieurs semaines.