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Les dessous de l’Affaire Lmrabet

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Plusieurs constats retiennent l’attention. Le premier, attesté par "qui vous savez" lui-même, (quelle sollicitude pour un simple citoyen comme Lmrabet…), c’est que le gréviste de la faim a cessé son action sans conditions. Ce qui n’a point empêché son "patron" de RSF, Robert Ménard, de mettre les pieds dans le plat en soulignant au cours d’une conférence de presse (interdite à tous ceux qui ne "pensent pas comme les organisateurs") que la grâce royale tardait à venir.
Ali Lmrabet a donc plié l’échine, quoi qu’en disent tous ceux qui l’ont soutenu, parce qu’il a fini par comprendre (de lui-même ?) qu’il risquait de mourir par simple entêtement, (ce que d’aucuns appellent la fierté, le "nif" quoi!).
Ali Lmrabet ne pouvait pas imposer son diktat à l’État, ses conditions et exigences qui, si elles avaient été acceptées, auraient signifié que n’importe quel individu, pour n’importe quelle cause, pouvait exercer un chantage afin d’échapper à l’application de la Loi.

Échec au chantage


Mais, était-ce vraiment l’objectif d’Ali Lmrabet ?
Lui qui veut faire "mourir de rire", pouvait-il mourir de faim ?
La campagne qui a été déclenchée au Maroc, mais surtout à l’étranger, plus bruyante que les molles protestations après l’arrestation de Mme Radjavi, leader des Moudjahidines du Peuple iranien et l’immolation par le feu de trois de ses militantes, plus agitée que les manifestations qui ont accompagné l’incarcération légalement justifiée de José Bové, prouve que Ali Lmrabet était "en mission commandée".
L’éditeur de "Demain magazine" avait un objectif, celui de porter préjudice à la Monarchie, aux institutions, au gouvernement, à l’image de marque du pays, afin d’accréditer l’idée que ce Royaume n’est pas respectueux des Droits de l’Homme, que sa Justice est aux ordres, que faire rire y constitue un crime de lèse-majesté, que la presse "authentiquement" indépendante est bannie.
Ali Lmrabet ne voulait pas mourir, il voulait tenir assez longtemps pour que la campagne concoctée par ses amis marocains, français, franco-marocains, hispaniques, hispano-marocains, américains, américano-marocains, libanais, libano-marocains, etc, finisse par motiver l’intervention d’autorités publiques étrangères ou de personnalités de renom en sa faveur. Le tout pour déstabiliser le Pouvoir, au moment même où une forte mobilisation interne se réalisait après les terribles attentats du 16 mai dernier. Ni plus, ni moins.

Manger pour vivre

Et c’est parce que ses amis et lui ont estimé que l’agitation autour de son cas était suffisante, parce qu’il ne pouvait être question de poursuivre le mouvement sans mettre réellement en danger la vie du gréviste, parce qu’une autre semaine de grève de la faim aussi médiatisée que les émissions de "Nice People" aurait pu instiller le doute sur la réalité de ce jeûne, qu’un personnage s’est finalement montré au grand jour, aux côtés de Ménard et de la direction du Journal Hebdomadaire, laquelle agit désormais en tant qu’opposition autoproclamée.
Devant des journalistes et des photographes quelque peu impressionnés par le titre de cette personne, et qui s’attendaient d’ailleurs à voir la famille du gréviste, est apparue ainsi une personnalité, dans toute sa splendeur, pour annoncer à la face du monde qu’Ali Lmrabet, sur ses instances pressantes, consentait enfin à interrompre sa grève de la faim.
Sublime démarche, princière éloquence, magnanimité du geste, panache de l’attitude, élégance du propos, voilà ce qu’inspira à la roture médusée, la présence de ce "grand".
En tirant la couverture à lui, cet illustre exilé (qui revient souvent au pays d’ailleurs), veut ainsi marquer un come back médiatique, après plusieurs mois de relative retraite dans les vertes prairies américaines à la suite d’une sombre affaire de poudre blanche…
Mais, en agissant ainsi, ne court-il pas le risque d’édifier définitivement l’opinion publique nationale sur les réelles motivations de sa démarche ?
Ali Lmrabet, qui a refusé d’écouter les prières de ses "confrères" du SNPM et les "conseils" des représentants du CCDH, a rapidement obéi aux injonctions "de qui vous savez" ! Apparemment, l’aura makhzénienne produit toujours son effet, même quand il n’est plus question de pole position…
Avec l’aide dévouée d’un Robert Ménard toujours partant quand il s’agit du Maroc, d’une poignée d’individus aigris parce que largués par leurs anciens maîtres à penser, le personnage a donc œuvré au dénouement d’un scénario qu’ils voulaient tragique et qui apparaîtra à beaucoup comme une lamentable farce.
Ali Lmrabet a jeûné pendant cinquante jours pour donner l’occasion "à qui vous savez" d’apparaître en public et d’affirmer ainsi sa grande capacité à régler des situations délicates "pour la famille"…

Vivre pour manger

Triste comédie qui a entraîné dans son sillage Mme Mitterrand, Pat Cox, Romano Prodi, Jean-Pierre Raffarin, Jacques Chirac et quelques autres qu’on a roulés dans la farine avec la complicité active d’hommes de presse qu’habite une inextinguible haine du Maroc et de ses réelles forces vives.
Ali Lmrabet peut désormais se remettre à table. Sa mission est terminée, sa carrière journalistique également sans doute. Il attendra en prison une grâce que le comportement de "qui vous savez" rendra peut-être encore plus hypothétique et lointaine.
Parce qu’un syndrome d’Iznogoud (celui qui voulait devenir calife à la place du calife) existe chez nous, le Maroc a eu, malheureusement, Lmrabet, quand la France eut Émile Zola et la Grande Bretagne Bobby Sands !

Fahd YATA



 

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