Le constat le plus marquant, qui ressort du Bulletin du CMC du mois de juin 2003, c’est un écart de 1,4 point avec le taux de croissance du PIB en 2002 annoncé par le ministère des Finances (4,5%). En effet, le CMC a révisé ses prévisions de croissance, et a trouvé que l’activité économique en 2002 a marqué un net ralentissement comparativement à la tendance enregistrée l’année dernière. La progression du PIB n’a donc été que de 3,1%. Les raisons évoquées ont trait essentiellement à la contraction des activités. C’est donc un ensemble de facteurs relatifs à une production agricole inférieure à la moyenne (50,3 millions de q), à un repli sensible des activités industrielles (2,2% contre 3,1% en glissement annuel), et à une stagnation de la valeur ajoutée du BTP (baisse de 8% des dépenses affectées aux travaux publics), qui sont à l’origine de cette décélération. Ceci a d’ailleurs entraîné, d’après les analystes du CMC, une stagnation de la consommation des ménages (exprimée en valeur réelle) et une aggravation du déficit budgétaire global, qui avait pourtant atteint les 4,3% du PIB.
Le Bulletin, qui est généralement attendu par les opérateurs, observateurs, et autres conjoncturistes, et donne le bilan économique et social du pays, est resté fidèle à son architecture d’antan. Dans ses différentes rubriques, tout le bilan économique national est disséqué. Ainsi, sont exposés tour à tour l’environnement économique international, le profil de la croissance au Maroc en 2002, le système productif, les relations et le financement extérieurs, le tableau de bord global, les finances publiques, le financement de l’économie..., mais aussi la dimension sociale de la croissance et les prévisions de croissance pour la période 2003- 2004. Sur ce dernier point, qui intéresse au plus haut point les professionnels, on note que les analystes du CMC s’attendent à un regain de dynamisme en 2003 et à une consolidation des acquis de croissance en 2004. Le taux de croissance du PIB atteindra les 7,4% suite aux effets favorables et conjugués de l’environnement économique aussi bien national qu’international. Enfin, de l’avis des responsables du bulletin, l’année 2004 sera celle de la consolidation des acquis de croissance. Grâce au raffermissement de l’activité économique mondiale et au regain des activités de l’industrie, du BTP et des services au niveau national, les perspectives de l’économie marocaine seraient bonnes.
Il est évident qu’entre des prévisions, qui reposent sur des hypothèses, et des réalisations, il existe toujours un certain écart. Il reste à se focaliser sur les méthodes et l’uniformisation des procédés relatifs aux analyses de conjoncture.
D. MB.