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Les analystes : «Nous récoltons les fruits des réformes entamées depuis 1993»

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La Nouvelle Tribune: Pouvez-vous revenir sur les principales performances du marché boursier et surtout de l’amélioration de la liquidité?
M. Omar Drissi Kaïtouni :
Les résultats de l’année boursière 2006 sont satisfaisants. A titre d’exemple, l’indice MASI s’est apprécié de 71,4 %. On a enregistré un volume global des échanges de 166 milliards de dirhams, en progression de 10% par rapport au volume enregistré en 2005. Les raisons de ces performances on les retrouve essentiellement dans le retour de la confiance des investisseurs, particuliers et institutionnels, la forte amélioration des résultats des sociétés cotées, le régime soutenu des introductions avec 10 nouvelles introductions en 2006 portant à 63 le nombre de sociétés cotées. Par ailleurs, nous avons enregistré une forte augmentation de la liquidité. Le volume moyen quotidien des échanges s’est élevé à 650 millions de dirhams, et durant certains mois de l’année, celui-ci a atteint  le milliard de dirhams.

L’amélioration du flottant a t-il eu un impact sur la liquidité du marché ?
A la fin de l’année 2005 nous avons fait un travail d’assainissement relatif à certaines sociétés qui n’avaient pas un flottant assez soutenu et aujourd’hui nous pouvons dire q’une bonne partie des sociétés cotée dispose d’un flottant assez raisonnable variant dans une fourchette comprise entre 12 % et 20 %. Nous allons repartir à la charge pour identifier les entreprises cotées qui ne respectent  plus les critères de séjour à la Bourse de Casablanca et les amener à rehausser leur flottant. Signalons que les nouvelles introductions, matérialisées par des cessions ou par des augmentations de capital touchant une part significative du capital sociale des entreprises nouvellement introduites, se sont traduites par une appréciation significative du niveau du flottant et de la liquidité du marché.

Quels sont aujourd’hui les principaux chantiers de la Bourse de Casablanca ?
Avec des volumes échangés de plus en plus importants, la Bourse de Casablanca a changé de dimension. Du coup, il fallait adapter les outils et les coller à l’évolution du marché. Ainsi, il a été décidé, d’une part, la mise en place de nouveaux outils d’intervention sur le marché, principalement la Bourse en ligne qui permet à un certain nombre d’investisseurs d’avoir un accès direct à la Bourse. D’autre part, nous travaillons depuis 2003 sur la mise à niveau de  la plate-forme de trading du marché pour l’adapter à la nouvelle dimension la place, à l’évolution du profil des investisseurs et au changement du mode de négociation. Cette mise à niveau concerne deux dimensions. La première, d’ordre technique, se traduira par la mise en place des infrastructures de calcul d’une puissance supérieure à celle disponible actuellement, et fournira les outils nécessaires pour assurer une veille technologique. La seconde, fonctionnelle, permet d’implémenter le modèle EMM (European Model Market), modèle sur lequel repose Euronext, qui offre la possibilité d’intégrer de nouvelles fonctionnalités, de nouveaux types d’ordres de trading, de nouvelles techniques de négociation, etc. Bref, toute cette évolution fonctionnelle apportera des outils supplémentaires qui permettront de mieux satisfaire nos investisseurs et nos partenaires. La plate-forme est en cours d’installation et durant le premier trimestre 2007 l’infrastructure sera complètement installée, et nous allons après mettre en place l’outil qui va permettre aux membres de réaliser les premiers tests et de les valider. Partant, nous espérons passer en en production durant le troisième trimestre de l’année en cours.

Cette nouvelle plate-forme contribuera t-il à l’amélioration du délai des dénouements des transactions?
L’amélioration du délai Règlement/Livraison est une autre dimension  qui a été mise en place au niveau du marché avec des résultats probants. Seulement, pour  des délais de dénouement encore plus courts, il faut qu’on ait une intégration entre l’ensemble des systèmes intervenant au niveau du Règlement/livraison, à savoir la Bourse de Casablanca, Maroclear et Bank Al-Maghrib. Je précise qu’à fin 2006, une étape importante a été franchise avec la mise en place du système RTGS qui permet à Bank Al-Maghrib de mettre en place les bases d’un dénouement à temps réel. Ce support étant fonctionnel, c’est aux autres systèmes de s’adapter pour permettre ou faciliter le passage au Règlement/Livraison au jour J, contre J+3 actuellement. C’est pourquoi la Bourse de Casablanca et Maroclear travaillent actuellement sur de nouvelles plates-formes à même d’améliorer à moyen terme le délai de dénouement des transactions.

Et concernant le marché à terme, verra t-il le jour en 2007 ?
Le marché à terme fait partie de notre stratégie de diversification des produits. Il nous apporte une dimension supplémentaire et une maturité accrue au niveau de la maîtrise des risques. Et partant, les intervenants et les opérateurs sont suffisamment sensibles à ce type de produits et en sont vraiment demandeurs. Nous sommes très avancés sur ce dossier, les démarches nécessaires ont été faites auprès des autorités de tutelle (Trésor et CDVM), et récemment, nous avons pu valider une mouture relative aussi bien au règlement général que de la loi relative à ce marché avec l’ensemble des intervenants et des opérateurs de la place. Nous espérons l’adoption du projet de loi par le Parlement durant la cession d’avril et démarrer dès le second semestre 2007.

En matière d’introduction en Bourse avez-vous de la visibilité pour l’année 2007?
Sur 2007, les prévisions sont très optimistes et l’évolution des indicateurs du marché va contribuer encore plus à l’attrait du marché auprès des émetteurs. Dès le mois de février nous enregistreront les premières introductions en Bourse de l’année et nous sommes très optimistes. Par ailleurs, et c’est très important, nous remarquons avec beaucoup de fierté l’arrivée sur le marché boursier de  petites entreprises, des entreprises familiales, à la recherche de financement pour accélérer leur développement. C’est exactement l’esprit que recherchait la réforme du marché boursier de 1993 et des amendements qui lui ont été apportés en 2004. Ainsi, la Bourse de Casablanca commence réellement à jouer son rôle d’instrument de financement des entreprises et la prorogation des incitations fiscales pour les entreprises qui s’introduisent en Bourse jusqu’en 2009 confirme, une fois de plus, la volonté des autorités d’aider la Bourse à jouer son véritable dans le financement de l’économie.

Propos recueillis par
Moussa Diop



 

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