Le ministre délégué chargé de la Recherche Scientifique, M. Omar Fassi Fihri, peut se targuer d’avoir réussi là où ses prédécesseurs ont presque échoué. Il s’agit d’apporter une nouvelle vision sur le potentiel scientifique marocain et faciliter l’ouverture de ce secteur vers le monde scientifique étranger. Une démarche qui s’appuie d’abord sur la valorisation de ce secteur. En organisant un atelier national sur l’évaluation du système de la recherche scientifique dans les domaines des sciences exactes, sciences de la vie et sciences de l’ingénieur (les 26 et 27 mai au Centre d’accueil et de Conférences à Hay Riad-Rabat), le ministre à envoyé un signal fort sur ce que seront désormais les domaines de la recherche scientifique au Maroc. Ce choix n’est pas le fruit d’un hasard puisqu’il intègre parfaitement la politique du gouvernement visant à faire de la recherche scientifique au Maroc un enjeu pour le développement économique et social. Placé sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et en partenariat avec l’Union européenne, ce séminaire qui a vu la participation d’une vingtaine de scientifiques européens aux côtés des marocains, est venu à point nommé entamer le virage de la modernité en matière de recherche. Pour le ministre, cet atelier s’est déroulé dans un contexte tout à fait particulier. En effet, lors de sa première réunion le 12 décembre dernier, le comité permanent interministériel de la recherche scientifique et du développement technologique a approuvé le projet d’évaluation globale du système national de la recherche. Selon le ministre de tutelle, cette opération, commencée en 2002 et achevée en 2003, a été réalisée dans le cadre d’un accord avec la Commission Européenne, animée par d’experts européens. C’est ainsi qu’au terme des travaux préliminaires, le Comité national de restitution et discussion des résultats, il a été organisé cet atelier où près de 250 personnes ont pris part. Naturellement, l’organisation des ateliers a été faite en fonction des thèmes de portée transversale et d’ateliers selon les champs disciplinaires.
De nouvelles niches de compétences
Ainsi sur le plan bibliométrique, il s’est avéré que le Maroc a fait un progrès considérable durant ces dernières années. D’ailleurs, le fait qu’il consacre désormais 0,7 % contre 0,3 % de son PIB à la recherche, auparavant, conforte bien cette tendance. Dans ce cadre, le présent rapport de synthèse bibliométrique fait partie d’un ensemble de quarte rapports d’évaluation élaborés par des experts de l’UE. Trois de ces rapports concernent l’état de la recherche au Maroc et onze autres sont relatifs à différents champs disciplinaires des sciences exactes, des sciences de la vie et des sciences de l’ingénieur. Cette opération a été réalisée dans le cadre d’un accord conclu dès janvier 2000 avec la direction Générale de la Recherche Scientifique (DG XII) de la Commission européenne. En outre, comme le souligne M. Omar Fassi Fihri, cette opération s’inscrit dans le cadre de l’une des orientations les plus fortes de la Charte nationale de l’éducation et de la formation, à savoir la nécessité de procéder à une évaluation régulière du système scientifique national de formation et de recherche, insistant tout particulièrement sur l’importance des évaluations externes faites par des organismes et experts indépendants et qui sont destinées à apprécier les résultats de la recherche et de leur impact sur le développement. En d’autres termes, en l’espace de 15 ans de croissance rapide et spontanée, le Maroc a su créer un potentiel scientifique important. Cinq ans de soutien gourvernemental lui ont assuré une reconnaissance et un début d’organisation, contrairement à la situation qui prévalait il y a trente ans. Certes, les compétences diffèrent et se redistribuent dans l’espace. Une situation qui ne manque pas de poser des problèmes de masse critique, d’équipement partagé et de coordination. Mais l’avenir est prometteur en matière de recherche puisqu’une nouvelle génération pionnière s’apprête à reprendre le flambeau. Ce qui tout naturellement posera la question de motivation et du modèle de professionnalisation des nouveaux chercheurs. Un vaste et périlleux chantier que M. Omar Fassi Fihri et son équipe s’attellent à bâtir pour le Maroc de demain.
M.S.
Les pistes du progrès
Le Maroc, vu son appartenance au monde en développement, est appelé à promouvoir la recherche scientifique et technique et à s’intéresser davantage à l’exploitation de ses résultats et ce, en redoublant d’efforts sur le plan de la législation, du financement, des infrastructures et des équipements. Cet effort concerne aussi
l’amélioration du niveau et de la qualité des ressources humaines, sans oublier la créations des ponts entre universités et centres de recherche et les secteurs de la production. Certes, il est indéniable que le Royaume a pris conscience de l’importance de la recherche scientifique dans les politiques de développement un peu tardivement. Seulement, cette prise de conscience ne s’est traduite par d’importants changements sur le plan de l’orientation et des objectifs de la recherche qu’à partir de 1998. C’est à partir de cette date que le Royaume a défini une stratégie nationale en matière de recherche scientifique en se fixant trois objectifs que sont tout d’abord l’organisation, la structuration et la coordination du secteur de la recherche. Ensuite, l’objectif concerne la détermination des axes prioritaires de recherche et mise en place de programmes scientifiques en liaison avec le développement économique et social du pays. Enfin après un diagnostic, il est question de la mobilisation de moyens financiers conséquents pour le développement de la recherche. Des pistes, sans nul doute, pour le progrès économique et social.