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Ali Lemrabet, en toute conscience et en pleine possession de ses moyens intellectuels, a décidé d’entreprendre une grève de la faim pour obliger les pouvoirs publics à renoncer à toute poursuite à son encontre. En choisissant cette voie, il a voulu exercer, (osons l’écrire), un chantage à la mort. Pour lui, il s’agissait de responsabiliser et culpabiliser ainsi tous ceux qui refusent de considérer que ses écrits relèvent de la liberté de la presse et qui estiment qu’il s’agit plutôt d’une littérature systématiquement diffamatoire, essentiellement versée dans le dessin scatologique, l’insulte, le racisme, le dénigrement, le parti pris et l’atteinte aux institutions. Bien évidemment, émettre un tel jugement à propos d’un "confrère" qui observe une grève de la faim depuis plus d’un mois n’est guère "vendeur" dans le contexte actuel. Il est de bon ton de se solidariser, d’appeler à la relaxe de Lemrabet, de stigmatiser le Makhzen, ou d’adopter un profil bas, de se taire, en attendant le dénouement de ce "bras de fer" entre un individu qui se veut au-dessus des lois et l’État. À La Nouvelle Tribune, on écrit ce que l’on pense et l’on pense ce qu’on écrit. La vie de chaque être responsable est faite d’engagements qu’il convient d’assumer. Ali Lemrabet, pour lequel nous n’avons ni sympathie ni inimitié, a choisi le terrain sur lequel il veut se battre. Il en assume, seul, les conséquences. D’autres, hypocrites et manipulateurs, préfèrent l’encourager dans sa grève suicidaire et lui tressent des lauriers qui ont déjà le ton d’éloges funèbres. Mais à quoi sert un journaliste quand il est mort ? À faire pleurer les survivants ?
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