Apre bataille juridique entre les avocats de Lmrabet et le juge de la Cour d’Appel de Rabat où est jugé actuellement le dossier de ce journaliste , directeur des publications Demain Magazine et Doumane. Il est 9h30 en ce mardi 10 juin. A 9h45, Ali Lmrabet apparaît sur sa chaise roulante. Dès le début de l’audience, la défense donne le ton. Me Abderrahim Jamaï et Ahmed Benjelloun persistent et signent. « Une pièce d’une importance cruciale pour le dossier manque et on demande que le parquet nous la fournisse», disent-ils entre autres. La réponse du juge ne s’est pas fait attendre. C’est un non catégorique. Et pour les magistrats, il est temps d’entrer dans le vif du sujet conformément à la loi. Retour à la case de départ. Me Jamaï insiste sur sa requête. Le ton monte et le juge revient à la charge: « Pas question» et il ordonne une petite pause. Après, il refuse la demande de la défense. Un échange vif est engagé entre les deux hommes et l’audience est suspendue pour quelques minutes. Les nombreux observateurs venus assister à l’audience resteront sur leur faim. L’argumentaire de la défense est sans équivoque. Pour elle, la justice marocaine, dans son ensemble est responsable du processus du procès en question. Des mots qui laisseront le juge indiffèrent. Réaction cinglante de la défense. Me Benjelloun dénonce « une parodie de justice et un procès politique au cours duquel mon client a été privé des droits les plus élémentaires de la défense». Celle-ci est longuement revenue sur le recours à l’article 400 du Code de procédure pénale pour justifier l’incarcération de son client. Cet article, a-t-elle plaidé, ne pouvait être invoqué dans la mesure où le prévenu ne se trouvait dans aucun des cas prévus par la loi, passible d’une incarcération immédiate. Vers midi, les avocats du journaliste se retirent de l’audience après avoir protesté contre la «disparition d’une pièce du dossier. Il s’agit d’une photomontage considérée par l’accusation comme « un outrage au Roi». Au terme d’un débat houleux, les avocats se sont retirés de la salle. Ali Lmrabet n’a pas voulu répondre aux questions des juges. Après une brève intervention du procureur, qui a demandé la confirmation du jugement de Première Instance, la Cour a décidé de mettre le jugement en délibéré au 17 juin. Le débat sur la localisation de la photo «disparue», de nouvelles protestations concernant l’illégalité de l’incarcération d’Ali Lmrabet, ont constitué l’essentiel de la séance de ce mardi 10 juin. En somme, celles et ceux qui ont assisté à cette audience, ont pu remarquer cet échange «électrique» entre la défense et le Président de la Cour. La séance de ce mardi devrait ramener le procès aux questions sérieuses, notamment les faits reprochés à l’accusé ( outrage à la personne du Roi, atteinte au régime monarchique et à l’intégrité territoriale après la publication d’un article sur le budget du palais royal, une interview de Mohamed Zaâzaâ et une photomontage représentant des personnalités politiques). En attendant, le procès de Lmrabet est mis en délibéré au 17 juin.
H.Z.