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Peine de mort, l’équation islamiste

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A ce jour, notre pays compte plus de 131 condamnations à mort. La dernière en date est celle qui a été prononcée le mardi 20 février à l’encontre de l’auteur du double assassinat à l’arme blanche du diplomate italien de l’Union Européenne et son épouse à Rabat. Mais, s’il y a aujourd’hui un milieu qui devrait être beaucoup plus intéressé par l’abolition de la peine de mort, c’est bien celui des Islamistes. Les chiffres sont là et parlent d’eux-mêmes. Les divers tribunaux marocains ont inculpé et ce, après les attentats du 16 mai 2003 qui ont fait 49 morts à Casablanca, environ 2 112 Islamistes et prononcé 903 condamnations définitives dont 17 peines capitales. En 2005, l’enjeu a totalement changé de nature. Certains des 23 islamistes du couloir de la mort ont vu leurs peines capitales commuées en prison à perpétuité. Début 2007, deux de ces condamnés islamistes ont pu obtenir le droit à une révision de leurs procès. Résultat : Le Maroc a, du coup, donné l’image d’un pays progressiste, moderne et initiateur en matière de politique pénale, même si cela concerne la question salafiste  (d’ailleurs, nos responsables s’acharnent, peu importe le prix, à ce que le Maroc soit toujours le premier dans le monde arabo-musulman et en Afrique dans le champs des avancées politiques et démocratiques). Mais il faut constater que la tendance abolitionniste du Maroc se heurte à des cas particuliers, très délicats. Là où le «pardon» étatique ne peut s’appliquer à certains dossier jugés lourds et hypersensibles. Comme on le voit donc, l’Etat reste dans cette équation à mi-chemin entre le maintien et l’abolition de la peine de mort. En une phrase, entre les réalités propres au pays et les contraintes et les pressions des institutions internationales. On comprend donc que les enjeux de l’heure conditionnent désormais les limites du jeu politique et la marge de manœuvre de l’Etat. En faisant souffler le chaud et le froid, ce dernier veut montrer qu’il n’est plus question de subir le désordre extrémiste quelles qu’elles soient sa nature. Les ambiguïtés des mouvements islamistes toléré jusqu’ici, ne seront plus de mise. Ces derniers sont mis en demeure pour clarifier davantage leurs positionnements vis-à-vis de l’intégrisme idéologique. Le double langage, les attitudes mitoyennes entre l’outrance idéologique et le « légalisme politique » sont désormais tenus en suspicion. Néanmoins, pour beaucoup, le dilemme reposerait plutôt sur cette éternelle crise de confiance qui caractérise les rapports Etat/Islamisme politique dans notre pays. Dans ces conditions, comment peut-on faire en sorte que les mouvements islamistes ne perpétuent pas cette tradition de doute et de suspicion ? Car, cette même ambiguïté a été entretenue avec l’arrivée du PJD. Toutefois, contrairement à ce parti et aux quelques autres mouvements de la place, la particularité de certains courants islamistes serait pour quelque chose, voire…beaucoup de choses dans cette lourde ambiguïté.

Hassan Zaatit



 

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