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Mohand Laenser : Les législatives au plus tôt !

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Ainsi donc vous assumez entièrement le bilan du Gouvernement. Dans ces conditions, quel est votre programme électoral ?
Par déontologie, nous devrions être solidaires du bilan du Gouvernement car si l'on n'est pas d'accord, il aurait fallu démissionner ou le quitter carrément. Et quand on reste, il faut aller jusqu'au bout. Maintenant, pour ce qui est de la campagne électorale, nous sommes entrain d'affiner nos propositions dont les principales mesures vont être chiffrées. Il est bien évident, qu'il y aura divergence avec ce qui se fait actuellement ne serait-ce qu'au niveau des priorités ou encore des méthodes. Dans un pays comme le Maroc, où les chantiers sont nombreux, on ne peut jeter la pierre à tel ou tel autre et quel qu'en soit le secteur qui se développe aujourd'hui, c'est tout le pays qui se développe avec. Pour notre part, la priorité sera accordée au monde rural, à la culture de l'amaghirité, de son enseignement, de sa présence dans les médias. Notre priorité sera également l'égalité des chances dans l'éducation, ainsi que dans l'emploi. Ce sont des échelles de priorités qui ne mettent pas en cause la façon dont travaille le Gouvernement puisque c'est un Gouvernement qui applique aujourd'hui une politique libérale et solidaire pour laquelle le Mouvement Populaire milite depuis longtemps.

Beaucoup d'observateurs s'accordent à dire que le Mouvement Populaire peut faire un grand score lors des prochaines législatives. En cas d'égalité d'élus avec la Koutla, seriez-vous prêt à gouverner avec le PJD ?
Je pense qu'aujourd'hui, il faut être réaliste. La priorité des priorités pour tous les partis MP, Koutla, PJD et autres, est d'abord la tenue des élections. En outre, le système électoral actuel ne permet pas, malheureusement, de dégager une majorité absolue tant pour un groupe de partis que pour une seule formation. Donc, nous allons nous trouver, probablement, dans une situation d'alliance, de coalition pour aller au Gouvernement. Dans ces conditions, spéculer sur un certain nombre de paramètre n'est pas aujourd'hui le fort du Mouvement Populaire. Cependant, depuis longtemps, nous montrons nos préférences dans les alliances. Pour cela, nous avons un premier cercle qui forme toute la famille du Mouvement Populaire. C'est ce que nous avons fait en fusionnant ses trois composantes. Le second cercle est celui avec qui nous sommes le plus proche à savoir le Centre. Troisième cercle, c'est la majorité actuelle. Les partis son suffisamment mûrs pour pouvoir faire une alliance de raison.

Le plus urgent pour vous, aujourd'hui, est d'abord la tenue des élections pour en finir avec la transition. Et le plutôt sera le mieux ?
Dans l'état actuel des choses, nous ne pourrons pas en finir avec la transition à cause du système électoral que nous avons. Maintenant, j'aurai souhaité, puisque nous sommes engagés dans un processus, que les élections aient lieu le tôt que possible. Qu'on puisse analyser notre système électoral et essayer d'aller enfin vers un système qui puisse dégager une majorité forte et une opposition claire.

Les composantes de la Koutla viennent de signer un mémorandum dans leurs préparatifs pour la campagne électoral. Cela inquiète-t-il le Mouvement Populaire ?
Le Mouvement Populaire a fait mieux, depuis longtemps en fusionnant carrément alors que les partis de la Koutla sont encore au stade de mémorandum d'entente. Nous, nous avons créé une formation avec ce que cela implique non seulement en termes de réunion de nos force mais aussi en termes de difficultés. Car l'union de trois partis n'est pas une chose facile. Donc nous ne sommes guère inquiets. Puisque notre démarche, depuis la fusion, depuis la défense du système du scrutin uninominal et de celui du seuil de représentativité, allait dans le sens de la recomposition du champ politique. C'est-à-dire un resserrement politique, la création de forces politiques solides et solidaires. Si la Koutla peut le faire, tant mieux.

Propos recueillis par
Mamady Sidibé


A propos de la déclaration du patrimoine

Pour le Secrétaire Général du MP et ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Marine marchande, le tollé au sujet de la déclaration du patrimoine ne devrait pas avoir lieu. Il attribue ces commentaires à un manque d'information. "C'est une initiative qui date de 1992. Pour plusieurs raisons, il ne semblait pas avoir beaucoup d'efficacité", dit-il. Il fallait donc l'outiller permettant de mieux cerner les déclarations. "Ce qui s'est passé réellement, et c'est malheureux de le dire, c'est le déficit de communication qui est à la base. Parce que la Chambre des Conseillers n'a jamais refusé de discuter ce texte encore moins refuser que la déclaration du patrimoine soit appliquée aux élus" s'indigne Laenser. Il conclut que l'ancienne loi de 1992 concernant la déclarations des biens, incluant les ministres, a été jugée anticonstitutionnelle. "Parce que justement, il y a cette séparation des pouvoirs. C'est le Dahir qui traitera le cas des ministres". Un Dahir qui comporte les mêmes éléments et les mêmes conditions et les mêmes les lois en discussion actuellement au Parlement sur la déclaration du patrimoine, rassure notre interlocuteur. La rencontre, vendredi, entre les chefs de partis politiques et le Premier ministre, a servi de garantie pour calmer les esprits.



 

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