Les militants des droits de l’Homme et avec eux certains juristes montent au créneau. Un projet de loi qui, selon eux, empiète sur les droits de l’Homme. Ce projet en question devrait assurer, garantir et accompagner l’évolution des droits humains dans un cadre de responsabilité et de liberté. Dans ce sens, il a été crée un Réseau Local à Casablanca pour contester le projet de loi de M. Mohamed Bouzoubaâ ministre de la Justice. Pour ce Réseau, qui regroupe en son sein différentes associations et autres représentants syndicaux et politiques, le contenu du texte relatif à la lutte antiterroriste répond essentiellement aux contraintes et aux intérêts stratégiques des États-Unis. Par ailleurs, ce qui est le plus inquiétant selon eux, c’est que le texte de M.Bouzoubaâ légitime certaines formes de violations des droits de l’Homme. Il légitime également les enlèvements, les détentions et les excès de pouvoirs. Résultat: le recul par rapport aux principes des droits humains est manifeste et flagrant. “ Le projet de loi antiterroriste risque de brouiller toutes les cartes et miner tous les acquis en matière de droits de l’Homme”.
Toutefois, le texte soumis au Parlement définit le terrorisme comme “ une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation, la force, la violence, la frayeur ou la terreur, destinée à porter atteinte à la sûreté intérieure ou extérieure de l’État ou à la vie des personnes ou à leurs biens...”. Cette définition est étendue aussi à la contrefaçon ou la falsification des monnaies, la destruction ou la dégradation des moyens de transport et de communication. La propagande, la publicité ou l’apologie d’un acte terroriste constituent aussi une infraction de terrorisme. Cependant, pour les défenseurs des droits de l’Homme, cette définition juridique des actes terroristes soulève beaucoup d’interrogations. Ces derniers craignent que cette extension ne soit un prétexte pour museler les libertés. D’autres reproches sont adressés au texte du socialiste Bouzoubaâ. Il s’agit, entre autres, de certains délits qui relèvent du pénal que le projet veut hisser au rang d’actes terroristes. La durée de la détention préventive est l’autre aspect négatif de ce projet de loi qui la fixe à 144 heures renouvelables deux fois pour une durée de 96 heures. Soit un total de 14 jours. Une durée jugée excessive. En définitive, ces points et autres prévus dans le projet de loi antiterroriste sont à revoir d’urgence. C’est du moins ce qui ressort des différentes réactions des défenseurs des droits de l’homme qui estiment qu’une meilleure collaboration entre les différentes parties concernées est nécessaire. D’ailleurs, ces militants, toutes tendances confondues, se sentent prêts et disponibles pour contribuer à l’élaboration d’un texte qui prendrait en considération à la fois le cadre juridique d’une loi antiterrorisme et le respect des droits de l’Homme. M. Bouzoubaâ entendra-t-il ces revendications ? Réponse dans les jours à venir.