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La Tribune d’Afrique

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Billet

Au service du continent

La Nouvelle Tribune inaugure, à compter de ce présent numéro, une page hebdomadaire ouverte exclusivement sur le continent africain et dénommée : La Tribune Africaine. Plusieurs raisons dictent ce choix. D'abord, le Maroc,  comme l’a toujours souligné Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, est un pays qui a ses racines en Afrique, donc entièrement africain, sans pour autant remettre en cause sa culture, son identité berbéro-arabo-islamique et son ouverture sur le continent européen (proximité géographique oblige !). Aussi, le Royaume du Maroc accueille-t-il une importante communauté africaine, qui est d'ailleurs toujours considérée comme  la bienvenue. Elle est composée notamment d'étudiants, de coopérants et d'opérateurs économiques qui participent activement au développement du Royaume. Ensuite, les informations sur l'Afrique sont noyées dans une kyrielle de nouvelles, souvent traitées sous forme de brèves, et qui mériteraient un traitement particulier au profit, entre autres, de cette communauté résidant au Maroc. À travers cette page, La Nouvelle Tribune entend accompagner le chantier des réformes démocratiques qui s'opèrent sur le continent, sans pour autant s'ériger en donneur de leçons ni en Cassandre. Elle entend encourager toutes initiatives privées ou publiques pouvant permettre aux pays africains de vaincre la  pauvreté, les pandémies, l'analphabétisme, la malnutrition ou autres fléaux entravant leur marche vers le progrès dans le cadre d'un développement durable et d'une meilleure qualité de vie. Cette communauté africaine  reste, dans ces conditions, une source inépuisable tout comme le corps diplomatique de l'Afrique subsaharienne pour renforcer la coopération entre le Royaume chérifien et l’ensemble du continent. Désormais, le débat est ouvert. A chacun d'y apporter sa contribution car la parole, dans le cadre de cette rubrique, est désormais offerte à tous nos frères africains qui le souhaiteront.

Mamady Sidibé

Togo, la démocratie en danger

A quand la fin du jeu de passe-passe politico-juridique, qui se veut légal, ayant mené à la tête du Togo Faure Eyadéma (fils de Gnassingné Eyadéma, décédé le 5 février 2005 à Lomé) ? Une situation jugée
inquiétante dans une sous-région troublée, d'autant que la communauté internationale, dans sa grande majorité, condamne ce pustch, après une quarantaine d'années de pouvoir sans partage du Président défunt.

Rien n'y fait. Ni les médiations de la CEDEAO, ni les condamnations de la communauté internationale, ni la réprobation de l'opposition togolaise, le nouvel homme fort de Lomé, Faure Eyadema, entend aller à l'encontre de tout changement démocratique dans son pays. Son opposition à l'élection présidentielle, comme le stipule l'article 144 de la Constitution qui interdit d'ailleurs toute modification durant la phase de transition, est l'illustration parfaite que pour beaucoup d’Africains le glas de la "dictature" n'a pas encore sonné. Inquiétante situation pour ce pays, de 56.786 km2 peuplé de 4,7 millions d'habitants, et qui vient de sortir de près de 40 ans de pouvoir sans partage sous l'ère du Président défunt. Pourtant, beaucoup d'observateurs pensaient qu'avec la disparition de Général-Président Éyadéma, c'est une page qui serait tournée. Mais sa succession par son fils Faure Éyadéma plonge les espoirs dans l'incertitude d'autant plus que la sous-région est en proie à une stabilité politique notamment avec la crise ivoirienne, le Libéria ou encore la Sierra Léone. La situation économique togolaise n'est pas brillante non plus. Selon la Direction de l'économie dans note de conjoncture du1er trimestre 2004, en valeur nominale, le stock total de la dette publique du Togo, c'est-à-dire le montant total de la dette intérieure et de la dette extérieure, en mars 2004 s'élève à 1109,4 milliards de franc CFA contre 1102,4 milliards en décembre 2003, soit une augmentation de 0,7% par rapport à fin 2003. En s'inscrivant dans cette logique du non respect de la Constitution, le Chef de l'État togolais risque de connaître des périodes difficiles pour les trois années à venir qui correspondent au dernier mandat de son père. Déjà, l'opposition a décrété 2 jours de villes mortes, l'UA est formellement opposée à ce "coup d'État" et promet des sanctions, l'Union Européenne entend faire respecter la légalité. Autant de signes qui n'augurent pas d’un lendemain meilleur au Togo, après l'investiture boycottée de Faure Éyadéma, le 7 février dernier.            

M.S.

Bob Marley, l’immortel rastafari

On n'enterre pas une légende surtout de la trempe de Bob Marley, décédé en mai 1981 à Miami, alors qu'il partait pour son pays natal afin d’y vivre ses derniers instants. Pour fêter le 60° anniversaire de la naissance de celui qui a incarné la musique reggae, une série de conférences a réuni jeunes, artistes et intellectuels durant une semaine à Adis Abéba en Ethiopie pour faire revivre "la philosophie" des chansons de Bob Marley et promouvoir l'unité de l'Afrique. Durant une semaine, toute l'Éthiopie a vibré au rythme du reggae. Et tenez-vous bien, des artistes africains tels que les chanteurs sénégalais Babaa Maal et Youssou N'Dour, la Béninoise Angélique Kidjo et l'Ethiopien Teddy Afro, ainsi que Shaggy et India Arie étaient de la fête en présence de la famille de Bob Marley. Un concert géant à la hauteur de l'événement. En ce 6 février, sur la plus grande place d'Addis Abeba, plus de 300.000 personnes se sont retrouvées en proclamant "Africa Unite", le nom d'une célèbre chanson de Bob Marley de son album Survival. Une ambiance de fête qui a fait danser toutes les catégories sociales ainsi que tous ces fans de l'idole venus des quatre coins du monde. Comme quoi, même mort, Bob Marley continue de drainer des foules. Humanitaire, le concert l'était également puisque l'enregistrement du concert sera publié en CD et en DVD dont les  ventes serviront à financer des oeuvres de charité en Ethiopie. D'ailleurs, le choix de Rita-Marley, veuve du mythe jamaïcain, du pays de H. Sélassié pour abriter une telle manifestation n'est pas fortuit puisque l'Éthiopie est le berceau du mouvement idéologique rastafarien dont se réclamait le musicien.

 

Brèves

Côte d'Ivoire, la paix à tout prix

Le médiateur sud africain, le Président Tambo M'Béki croit dur comme fer que la stabilité politique en Côte d'Ivoire dépend avant tout de la volonté des deux parties à dépasser leur différend. Ce qui n'est pas une mince affaire puisque patriotes de Bouaké et les partisans de Laurent Gbagbo sont campés sur leurs positions respectives.
La dernière sorite du Président ivoirien à savoir le recours au référendum pour changer le code de la nationale, l'épine dorsale de cette guerre, n'a fait que creuser le fossé d'incompréhension.

Chiffre

• 3 000 milliards de FCFA
Le Gouvernement de la Guiné Bissau Compte organiser des élections présidentielles en avril prochain. Pour ce faire, Bissau, la capitale, a besoin de près de 3 000 milliards de FCFA.



 

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