C’est avec beaucoup d’émotion, mais aussi beaucoup de ténacité que M. Georges Colson s’est exprimé samedi dernier devant un parterre de journalistes, sur la question de l’impact sur l’activité de son groupe des attentats perpétrés à Casablanca le vendredi 16 mai. «Je suis venu en témoin, en ami, en frère, comme si en moi coulait un peu de sang marocain, pour affirmer que le Maroc peut compter sur une solidarité totale de notre groupe.» a déclaré M. Colson. En effet, le patron de FRAM, premier TO sur le Maroc, était on ne peut plus clair. Il est hors de question de céder. «Le monde est devenu fou, depuis quelque temps, à cause de quelques personnes exaltées, mais nous devons avoir une ardente foi devant l’adversité, en poursuivant notre activité.» Dans cette optique, il a poursuivi que des mesures ont été prises dès samedi dernier, pour empêcher le flop de la destination. «Nous n’avions pas besoin de créer une cellule de crise, mais nous étions mobilisés pour rassurer ceux qui partaient vers le Maroc. Je peux affirmer que le touriste français a eu un comportement particulièrement différent vis-à-vis du Maroc, qu’il considère proche et ami.» Et de poursuivre « Notre clientèle a fait preuve de sagesse, de maturité et de compassion.» Sur les 30000 personnes inscrites pour les réservations des semaines à venir, seules 450 ont renoncé à leur vacances au Maroc. «C’est encourageant, mais pas suffisant» précise le voyagiste français. Partant, FRAM, compte poursuivre son action au Maroc, en renchérissant le côté communication, pour permettre à la destination de continuer sur la même lancée. Selon le président du TO français, le programme des départs sera maintenu. A ce sujet, le groupe a organisé des réunions avec les professionnels français pour les informer de la situation. En outre, des forfaits au départ de la France à moins de 150 Euros, au profit des agensts de comptoirs sont lancés. «L’idée n’est pas de brader la destination mais il s’agit plutôt d’une politique réactive, à travers laquelle nous entendons permettre à ceux qui vont vendre la destination de constater d’eux- mêmes sur place que le Maroc continue d’être une destination paisible et sereine et que le problème d’insécurité ne se pose pas, car un bon vendeur est celui qui maîtrise son produit. « argue M. Colson. En outre, des voyages au profit des journalistes et voyagistes français, sera effectué entre le 12 et le 15 juin prochain, dans plusieurs villes du Royaume. Par ailleurs, l’opérateur toulousain a tenu à préciser que son groupe poursuit sa stratégie de développement au Maroc, malgré les actes terroristes survenus à Casablanca. L’objectif du groupe d’atteindre de 106 000 à 110 000 clients pour 2003, au Maroc est maintenu. Pour ce faire, les efforts devront être accrus. «Notre groupe a voulu s’investir dans ce pays avec des collaborateurs marocains, je voudrais leur dire toute la confiance que nous avons en l’avenir de ce pays. Je suis un adhérent total dans cette politique lancée par Sa Majesté , il y a deux ans à Marrakech.» Et de continuer « Ce beau projet d’un hôtel de 250 chambres, à Marrakech, nécessitant un investissement d’environ 200 millions de dirhams, n’est pas remis en cause. Nous sommes impatients de voir les premières pioches.», déclarait M. Colson. Cela traduit, en effet, l’esprit d’un partenariat stratégique basé sur la confiance malgré des chocs exogènes qui se dresseront sur la route de la réalisation de la stratégie de développement définie par la vision 2010, comme l’a souligné M. Adil Douiri, ministre du Tourisme. Selon qui le tourisme est un prétexte pour la création d’emploi: «Ce sont près de 80000 emplois directs et 500 000 emplois para-hoteliers qui sont visés à l’horizon 2010. L’enjeu est de taille. De ce fait, toutes les actions entreprises après les dramatiques événements du 16 mai, convergent pour la sauvegarde et la création de l’emploi.
En effet, le conflit en Irak ainsi que la pneumonie respiratoire redonnaient au Maroc toutes ses chances pour réaliser un bond en termes de touristes, cependant, le rêve fut furtif. Les opérateurs du secteur devront doubler d’efforts pour empêcher un plongeon du tourisme national, qui représente une activité capitale pour le Maroc. Le dynamisme de M. Adil Douiri, augure, en tout cas, d’un avenir meilleur pour le secteur, malgré les tempêtes qui risquent de surgir de temps à autre. Le ministère compte lancer dans les semaines à venir une campagne de communication pour la promotion du tourisme de campagne et le tourisme de niche. Un atout de plus pour mieux vendre la destination Maroc.
Leïla Ouazry