La bataille pour le fauteuil de la présidence de la Deuxième Chambre a pris fin sans grande surprise. Le Rniste Mustapha Oukacha, candidat unique, a été finalement plébiscité. Pour une fois, les principaux partis de la coalition gouvernementale ont tenu à respecter la logique relative à la nature composite de l'actuelle majorité gouvernementale. Mais, il est important de constater que beaucoup de choses ont changé après l'élection du tiers sortant de la deuxième Chambre, le 8 septembre dernier. Les états-majors de l'Istiqlal, du RNI et de la MP n'ont pas caché leur prétention pour présenter un candidat. Seulement et contrairement aux élections du Président de la Première Chambre en avril dernier, l'enjeu a du coup changé de nature. Il semble que les partis formant la majorité gouvernementale ont fini par trouver un terrain d'entente. Il semble également que le Premier ministre Driss Jettou a fait le nécessaire pour éviter à son équipe d'éventuelles discordes et d'assister à un coup de théâtre à une année seulement de l'expiration de son mandat. Très vite donc, Oukacha est porté en tête du peloton pour un troisième mandat.
Dans cette ambiance peu électrique, Mustapha Oukacha, lui, est resté, depuis l'annonce des résultats du scrutin du 8 septembre, très discret dans sa démarche. Ce dernier a bataillé d'abord pour unir le RNI qui a failli connaître des dissensions dans ses rangs. Il a fini par rapprocher Mohammed Aujjar (qui a voulu se séparer du RNI pour créer un autre parti) d'Ahmed Osman accusé par le camp d'Aujjar de non démocrate et de non transparent. Dans un deuxième temps, Oukacha reste l'homme stratège du parti puisqu'il arrive en période électorale à arracher le soutien des principaux partis classiques au grand dam, souvent, des intérêts de la Koutla. Le RNI, rappelons le, a soutenu les socialistes de l'USFP à maintes reprises. Lors de l'élection du Président de la Chambre des Représentants et également lors des élections municipales. En contre partie, le RNI arrive à assurer une alliance conjoncturelle en temps difficile. Une démarche payante comme le prouve la réélection de Oukacha à la tête de la Deuxième Chambre. L'intervention du chef de la majorité gouvernementale a rendu encore plus facile la tâche à ce Rniste qui protège son fauteuil depuis sa première élection à la tête du perchoir en octobre 2000. L'homme connaît bien les arcanes du Parlement!
Ainsi donc, c'est dans ce contexte de "chantage", que Mustapha Oukacha a pu conserver la présidence de la Deuxième Chambre. Tant mieux pour le Premier ministre Driss Jettou qui, lui, n'aurait aucun intérêt à voir sa "majorité gouvernementale" éclater à une année seulement de l'expiration de l'actuel mandat législatif.
H.Z.