Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Actualité
Les GUS dégustent…

Auteur :

Le 17 octobre 2004, la politique sécuritaire au Maroc a fait son choix: instaurer un nouveau corps d'élite appelé Groupe Urbain de Sécurité (GUS). Lundi 16 octobre 2006, on revient sur cette décision : dissolution des GUS ou, selon les propres termes du département de l'Intérieur:Redéployer le potentiel humain et matériel des GUS dans les différents services de la Sûreté Nationale. Mais que s'est-il réellement passé entre-temps pour qu'on prenne une telle décision? Les GUS ont-ils abusé de leur statut? L'idée était-elle prévisible que  le départ de Laânigri entraînerait l’effondrement de toute sa politique et sa vision sécuritaire au sein de la DGSN? Est-il permis d'établir dans ces conditions un rapport entre son départ et la dissolution des GUS? Pour beaucoup, il n y a pas de doute. Pour d'autres, le rapport entre le départ de Laânigri et la dissolution des GUS n'existe pas. Car si l'intention était de donner un autre "coup" au Général Laânigri, on aurait procédé aussi à la dissolution de l'Unité Mobile de la Circulation, cette police de la route en zone urbaine émanant aussi de l'initiative du Général. En fait, on reproche aux GUS le manquement à leur devoir d'agent de sécurité, l'abus et l'excès de zèle. Ce constat reste d'ailleurs le plus évoqué. Côté officiel, il s'agit tout simplement d'une réorganisation structurelle interne ordinaire. Cette décision, lit-on dans le communiqué de la DGSN, a pour but de permettre à l'administration de la Sûreté Nationale de s'acquitter au mieux de la noble mission qui est la sienne et d'optimiser le rendement professionnel de l'ensemble de ses composantes. Dans cette optique, il sera procédé au redéploiement du potentiel humain et matériel des GUS au niveau des services de la Sécurité Publique, de la Police Judiciaire et de la Police de la Circulation afin de renforcer les ressources humaines desdits services, d'assurer une présence continue et efficiente de la police sur la voie publique et d'intensifier la lutte contre le crime sous toutes ses formes. C'est pour cette raison, explique la DGSN dans ce document, qu'il a été décidé d'intégrer l'ensemble des membres des GUS dans les différents services de la DGSN à travers le territoire national. Quel que soit le reproche qu'on peut faire aux GUS, ces derniers sont arrivés néanmoins à combler le vide d'insécurité régnant au pays, ne serait-ce qu'à un degré minime (ne dit-on pas, d'ailleurs, que peu  vaut mieux que rien ?).
Dans tous les cas, quel gâchis! Les charges inhérentes à la mise en place de cette police de proximité et le coût opérationnel de celle-ci méritent d'être dévoilés compte tenu des résultats obtenus. Le concept "police de proximité", lui, a déçu plus d'un. Les GUS n'auraient pas dû rater l'occasion de réconcilier le citoyen avec son système sécuritaire. En somme, leur histoire est celle d'un train qui s'est arrêté, bel et bien, au milieu du chemin. Maintenant, qui assurera la relève? Pour l'heure rien n'est envisagé comme alternative. Une autre épreuve des plus rudes pour l'appareil sécuritaire appelé de nouveau à réactiver le concept "police de proximité". Et la moindre erreur sera encore plus onéreuse…

H.Zaatit



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com