Il aura fallu moins d'une vingtaine de minutes au Souverain pour tracer les grandes lignes pour la rentrée parlementaire d'automne devant un auditoire attentif. Et il y avait de quoi puisque le Souverain a donné le ton en ces termes: "Nous entamons donc la dernière année de la législature de la Chambre des représentants, en prélude à une nouvelle législature marquée, celle-là, par le renouvellement des institutions. Ceci nous interpelle pour procéder, l’espace d’une pause, à un exercice introspectif objectif ou un examen de conscience sans complaisance, et avec toute la sagesse et la circonspection qui s’imposent en pareilles circonstances." Une échéance capitale pour les partis politiques, lesquels sont interpellés à plus de transparence et de démocratie interne pour moraliser la vie politique et s'engager dans la construction d'un Maroc moderne, ouvert et démocratique. L'enjeu ou le souci est bien réel quand on sait que lors du renouvellement du tiers sortant de la Chambre des Conseillers, la campagne a été émaillée de fraudes, de l'utilisation massive de l'argent sale et ce malgré tous les slogans de sensibilisation et d'information à l'adresse des candidats et des électeurs. De telles pratiques, à quelques mois des législatives de 2007, ne constituent pas, en soi, un gage d'une bonne alternance réclamée à cor et à cri, par les formations politiques et la société civile. Ce n'est donc pas étonnant que le Roi demande au Gouvernement d'être au coeur des élections. "Nous appelons notre gouvernement à poursuivre ses efforts et fournir toutes les garanties requises pour des élections libres, transparentes et régulières, et à réunir les conditions d’une compétition loyale, en s’astreignant à une neutralité positive au cours des différentes étapes du processus électoral et en sévissant contre toutes les irrégularités qui pourraient l’entacher, a-t-il souligné. Désormais, c'est l'engagement de tous : citoyens, instances politiques, ONG et administrations doivent se mobiliser et consolider l'édifice démocratique car la démocratie s'inscrit dans une action pérenne et non juste le temps d'une élection.
M.S.