Selon les informations en notre possession à cette heure, M. Lemrabet aurait été arrêté au prononcé de la sentence, conformément aux stipulations de l’article 200 du Code de Procédure Pénale.
Il est certain qu’un tel jugement sera largement commenté urbi et orbi. Il marque incontestablement un véritable tournant entre les représentants d’une certaine presse qui se veut intouchable et les pouvoirs publics qui, ces derniers temps, avaient fait preuve de patience à leur endroit.
Rares, en effet, sont les institutions publiques, les personnalités officielles, les représentants des forces politiques, des milieux d’affaires, voire les hommes de presse ou de la culture qui n’ont pas à ce jour fait l’objet des attaques, allégations, accusations et caricatures d’un "journaliste" au parcours particulièrement court et chaotique dans la presse nationale.
M. Ali Lemrabet, en effet, a plusieurs années durant occupé des fonctions subalternes au sein de l’appareil diplomatique national avant de le quitter dans des circonstances peu claires, au terme d’un séjour à la légation marocaine en Argentine.
C’est au milieu des années 90 qu’il commence à fréquenter les rédactions notamment au sein du journal de M. Fayçal Ghissassi, avant d’occuper le poste de Rédacteur en chef du Journal où il réalisa deux entretiens très contestés à l’époque, l’un avec le Premier ministre israélien Nétanyahu, l’autre avec Mohamed Abdelaziz, chef du Polisario. Il quitte en 1999 avec pertes et fracas l’équipe de Boubker Jamaï pour concurrencer son ancien patron en publiant "Demain", un hebdomadaire qui, avant même d’être interdit, sera déserté par ses bailleurs de fonds, des hommes d’affaires qui croyaient que la presse était un secteur "porteur"…
Après l’interdiction de ce titre, il lance "Demain magazine" et plus récemment Doumane, deux publications fortes de huit pages chacune à peine, spécialisées dans la diffamation, la caricature salace, le dessin outrageant, l’amalgame réducteur et l’exploitation systématique de tout fait de nature à porter préjudice au pays, à ses institutions, à ses forces vives.
Soutenu par les sempiternels opposants (qui revêtent aujourd’hui la tunique des membres d’une organisation des droits de l’Homme, après s’être débarrassés de leur "battle dress" à la Che Guevara, façon Boul’Mich), coqueluche de certains titres parisiens ou espagnols, correspondant au Maroc de l’organisation de M. Ménard, M. Ali Lemrabet est aujourd’hui en prison. On le regrettera sincèrement pour lui, mais sans hypocrisie, ni fausse compassion (au risque de déplaire à beaucoup, sans doute). Car par ses outrances, ses abus, son mépris des autres, ses exagérations et son manque de rigueur, il aura abouti au résultat qu’il cherchait. Et à cause de lui et d’autres, il sera difficile de redorer le blason d’une presse fortement décrédibilisée aujourd’hui.
Fahd YATA