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Un Premier mai incolore et inodore Vie syndicale

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Comment peut-on décrire le premier mai de cette année, exalté ou morose ? En réalité, ni l’un ni l’autre. Il est presque passé inaperçu. Incolore et inodore, peut on dire sans risque de se tromper. L’effet de l’accord de la veille du 1er mai entre partenaires sociaux n’a pas tardé, semble-t-il. Les discours des chefs charismatiques des principales centrales syndicales du pays ont été caractérisés cette année par un ton très particulier, qualifié de modéré. Première remarque unanime, les centrales syndicales, chacune en son quartier général, ont dénoncé et condamné avec force l’incursion américano-britannique en terre irakienne. A un certain moment, l’on croyait qu’il s’agissait d’une marche de soutien et de solidarité avec les peuples irakien et palestinien. Sur l’avenue des FAR à Casablanca, comme à l’accoutumée, l’UMT a rassemblé ses sections syndicales. Son Secrétaire Général, M. Mahjoub Benseddik, n’a pas dérogé aux discours des autres leaders syndicaux. Sur le tapis, la condamnation de l’invasion américaine en Irak. « Nous sommes indignés par les actes inqualifiables de dévastation perpétrés contre l’Irak, berceau de la civilisation humaine, et contre la Palestine», dit-il. Il a également condamné avec force les politiques aveugles de privatisations, de libre-échange, le «mythe» des technocrates intouchables depuis fort longtemps dans les établissements publics. Les revendications de l’UMT ont porté sur l’abrogation de l’article 288 du Code Pénal relatif à l’arrestation des délégués syndicaux. Par la même occasion, l’instance dirigeante de l’UMT a rappelé le besoin d’appliquer les conventions collectives sur l’augmentation des salaires. L’UMT n’a pas mâché ses mots. Cette centrale demeure catégoriquement contre le pluralisme syndical truqué. Ce pluralisme est, selon l’UMT, valable en politique et non en syndicalisme. Au Parc de la Ligue Arabe, M. Noubir Amaoui, S.G de la CDT, a vu ses militants moins nombreux qu’auparavant puisque ses amis d’hier ont préféré rejoindre le camp de l’USFP et sa nouvelle centrale syndicale, la FDT.

CDT/FDT

Dans son allocution, M. Amaoui a relevé  le caractère positif de la reprise du dialogue social entre gouvernement, syndicats et patronat tout en espérant que ces négociations aboutissent le plus vite possible sur un accord qui satisfasse les revendications des ouvriers. De cet accord, Amaoui a dit « l’accord signé le 30 avril entre partenaires sociaux est un événement historique, riche en symboles et une victoire du bon sens et du rationalisme». Dans cette fête, la CDT a été accompagnée et largement soutenue politiquement par le parti du CNI, formation dissidente de l’USFP. D’un autre côté , la FDT a célébré sa première fête dans la prudence totale. À place Sraghna à Casablanca, cette nouvelle centrale syndicale a adopté un discours où le politique a primé sur le syndical. Côté politique, la FDT, appuyée par la présence du B.P de l’USFP et à sa tête le Premier Secrétaire Me Abderrahmane Youssoufi, n’a pas fait de cadeau à la centrale d’Amaoui. Celle-ci est qualifiée de « trouble-fête» et de syndicat nuisible au développement de l’action sociale et économique au Maroc. Pour ce qui est du syndical, il semble que la FDT a encore du chemin à parcourir en vue d’adopter un discours convaincant à tous les niveaux. Dans le même sens, la centrale de M. Taeïb Mounchid s’est montrée réticente au sujet de l’accord conclu le 30 avril. L’UGTM, quant à elle, a adopté comme d’habitude un discours tous azimuts. Devant les militants de la centrale d’Afilal à Casablanca, M. Abbas El Fassi, S.G du parti de l’Istiqlal a appelé la classe ouvrière à resserrer les rangs autour du Souverain pour contrer les campagnes tendancieuses qui véhiculent un discours emprunt de pessimisme.
Le premier mai de cette année a été néanmoins marqué par la paix sociale. Le dialogue social, enfin «abouti», demeure, jusqu’à présent, un accord emprunt de formalisme. S’agit-il d’un accord permettant de lever l’ambiguïté et l’incompréhensible blocage autour du nouveau Code de Travail, ou  tout simplement d’une poudre aux yeux pour calmer les esprits le jour de cette rencontre annuelle de la classe ouvrière? L’avenir le dira.

H.Z.



 

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