Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Actualité
Le retour de " Si Driss "…

Auteur :

Il s’agissait, bien sûr, de frapper les imaginations et poser des affirmations qui seraient difficilement contestées. Il fallait, également, faire en sorte que l’événement lui-même se déroule en plusieurs étapes et suscite le maximum de commentaires.
La première partie de l’opération a donc consisté en un entretien accordé à un hebdomadaire en langue nationale. Celui-ci, pour des raisons financières sans doute, a jugé bon de "saucissonner" l’interview et de tenir en haleine son lectorat. Mais les élites, les "milieux bien pensants", les anciens amis et tous ceux qui se sont détournés au lendemain de la chute, les "lâcheurs" en somme, sont aussi francophones. D’où la seconde partie de l’opération qui a consisté à confier à un hebdomadaire bien précis et soi-disant iconoclaste une version en langue française.
Le résultat ne s’est point fait attendre, mais, sans doute a-t-il été au-delà des espérances du "maître", puisque aujourd’hui c’est un gros scandale intra muros qui secoue une partie (et quelle partie !) de la presse hebdomadaire. (Voir l’éditorial).
Mais il importera peu à M. Driss Basri que le Directeur de l’hebdomadaire initialement choisi l’accuse de manipulation, s’apprêtant même à ester en justice contre son confère qualifié de plagiaire.
L’ancien ministre de l’Intérieur, à qui l’on pourrait facilement appliquer l’adage "on ne prête qu’aux riches", a longtemps été considéré comme un spécialiste émérite de la manipulation et cette "science", apparemment, ne s’est pas émoussée malgré une traversée du désert de plusieurs années.
Il restera cependant à juger de l’effet produit sur l’opinion publique et la classe politique par ce "tir à double gâchette".
Une grande partie des citoyens restera dans l’ignorance des confessions de Si Driss parce que le lectorat, même en langue nationale, est encore trop faible au Maroc. Mais M. Basri voulait-il seulement interpeller le vulgus pecum ?
Par contre, l’intelligentsia, les salons de Casablanca et Rabat, les bureaux ministériels et autres cabinets en auront certainement fait une lecture attentive… Quelque état-major politique lui aura consacré le début d’une séance hebdomadaire et puis… ?
Et puis rien, parce que les "confessions" de M. Basri ne constituent pas vraiment un événement. Et ce pour plusieurs raisons.
L’ancien ministre, visiblement, a voulu par cette procédure, régler quelques vieux comptes. Cela, pourtant, ne l’exonèrera point de tout ce que peuvent lui reprocher ceux qui n’ont jamais accepté (en leur fort intérieur à l’époque) sa puissance et ses pouvoirs.
 Par ailleurs, les révélations de Si Driss sont visiblement partielles et partiales et beaucoup ont une autre lecture des faits qu’il évoque et des époques qu’il rappelle.
Enfin, même si cela peut être difficile à reconnaître par un homme qui occupa si longtemps une place privilégiée aux côtés de feu SM le Roi Hassan II, les temps ont changé et la machine ne reviendra plus en arrière.
Voilà pourquoi, semble-t-il, il paraît légitime de considérer que la "rentrée" de M. Basri n’a pas été aussi flamboyante qu’il l’escomptait.
Évoquer l’affaire du Sahara Marocain, l’arrivée au gouvernement de la Koutla, dénigrer les dernières opérations électorales ou rayer d’un trait trente années à la tête d’un département chargé de la répression (ou de l’entretien selon les époques) des milieux politiques n’était pas le meilleur moyen de se rappeler au souvenir des Marocains.
Ce come back, finalement, aura lamentablement échoué parce que personne n’attend plus rien de M. Driss Basri.
Les historiens se chargeront, quand le temps sera venu, d’analyser et d’apprécier objectivement la période qu’il évoque de façon subjective.
Car, pour chacun et pour tous, il arrive un moment où il faut se dire et accepter "qu’après l’heure, c’est plus l’heure"…

Fahd YATA



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com