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En attendant le timing Dialogue social

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Maintenant qu’un accord cadre est intervenu entre les différentes parties intéressées par le dialogue, les interrogations deviennent de plus en plus nombreuses quant au calendrier ou l’échéancier pour réaliser les promesses données. Mais ce qui préoccupe le plus est le coût de différents points de l’accord et comment tout cela va être financé. S’agira-t-il d’une taxe qui va être prélevée ou c’est un fonds spécial qui sera destiné à ce programme. Toujours est-il qu’en l’absence d’un programme détaillé, la classe laborieuse reste inquiète et du côté de la primature on reste dans le dubitatif. Des explications vagues qui ne rassurent personne.
Si l’on reprend les différents points de l’accord, on se rend compte que le plus dur reste à faire.

Chemin à parcourir

Ainsi il en va du salaire qui est matérialisé par l’adoption et la généralisation de l’application du Salaire minimum Interprofessionnel garanti (SMIG) dans les secteurs public et semi-public avec les incidences financières qui en découlent, englobant les fonctionnaires classés jusqu’à  l’échelle 09. Ce chapitre, de par ses implications financières, a certes bombé le torse des travailleurs mais concrètement quelle est l’entreprise aujourd’hui qui est prête à procéder à l’augmentation des salaires dans un contexte de morosité économique. Puisqu’aucune date précise n’a été arrêtée pour procéder à cette élévation, on ne peut qu’être sceptique sur la concrétisation d’une telle promesse. Sur un autre plan, le gouvernement s’engage à régulariser par étapes la situation des administrateurs, corps assimilés, techniciens, informatistes et enseignants universitaires. Là encore, les données manquent sur l’échéance idem pour le secteur privé où Jettou et son équipe se prononcent pour une augmentation de 10% du SMIG, sur deux étapes. Une échéance qualifiée d’ambigüe par les syndicats. Le calendrier faisant défaut, le dialogue risque de devenir un marché de dupes. D’autres mesures annoncées par le gouvernement concernant l’arrêt du recrutement dans les échelles comprises entre 1 et 4 ne pourra qu’augmenter la tension d’autant plus que les formations moyennes sont aujourd’hui les plus répandues en raison du coût des études. L’objectif visé par cet article risque de produire l’effet contraire compte tenu de la situation actuelle économique du pays. L’autre volet de l’accord traitant l’habitat a été certes applaudi par la classe ouvrière. En effet, le gouvernement, dans le cadre de l’accord tripartite, a adopté de mesures permettant aux agents des secteurs public et privé d’acquérir un logement à travers la création d’un fonds de garantie par l’octroi de crédits à des taux préférentiels en étalant les échéances de remboursement de 12/15 ans actuellement à 20/25 ans.

De l’optimisme...!

Une démarche qui pourrait atténuer la crise de logement. Cependant, ce projet, contrairement aux autres chapitres de l’accord, donne une idée de ce que le gouvernement veut clairement faire. Notamment par le soutien public à travers la mobilisation du patrimoine immobilier de l’État et des collectivités locales en vue de réduire le coût de l’habitat social qui se situera désormais entre 80.000 et 120.000 DH au lieu de 200.000 DH actuellement, la réduction de 48 à 44 heures de la durée hebdomadaire du travail et l’adoption du principe de la flexibilité dans le secteur privé. Au moment, où le débat sur les 35 heures en France a fait couler beaucoup d’encre, ce chapitre risque de pénaliser certaines entreprises surtout celles qui ont un système de roulement. Pour les autres points de l’accord, on peut parler de l’adoption d’un régime d’indemnisation pour perte d’emploi pour des raisons économiques ou structurelles et définition d’un régime d’indemnisation sur les licenciements et les préjudices. La couverture médicale à travers l’adoption d’un décret portant création de l’Agence nationale de couverture médicale. En attendant que cette instance voie le jour, le gouvernement n’a rien prévu dans l’immédiat. Autant de mesures qui risquent de créer plus de problèmes qu’elles n’en résolvent surtout à l’approche des élections communales. Pour beaucoup d’observateurs donc, on risque de se retrouver à la case de départ. Une situation qui pourrait remettre en cause le fragile pacte social intervenu entre le gouvernement, le patronat et les syndicats.

M.S.

Printemps sous l’effet d’un pacte social
M. Driss Jettou, Premier ministre, ne veut plus perdre de temps pour clore le dossier social en suspens depuis des années. L’accord entre le gouvernement et les partenaires sociaux est qualifié d’historique. D’un seul coup de balai il vient de réussir à dissiper tous les handicaps qui pesaient sur l’équilibre social au Maroc en arrachant un accord de principe à la veille de la fête de la classe ouvrière. Sur le tapis: la protection de la paix sociale tout en maintenant la confiance des patrons. L’impact auprès des centrales syndicales est déterminant. Leurs leaders syndicaux ont adopté un discours modéré ils ont mis de côté les discours traditionnels et protestataires et se sont contentés de faire le panégyrique de l’action gouvernementale et de l’importance des acquis. De l’avis des observateurs, sur ce terrain ou rien n’a été acquis d’avance pour le gouvernement, les enjeux sont d’une extrême sensibilité politique et doivent être analysés à la lumière de l’évolution réelle de l’économie et de la société. Privilégier donc l’un au détriment de l’autre aurait mené inévitablement à la catastrophe.



 

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