«Dites que l’année est bonne ! « Cette fameuse expression, purement marocaine, semble revenir sur les lèvres de certains de nos hauts responsables. C’est le cas de le dire en écoutant, mercredi dernier, l’intervention au Parlement de M. Al Mustapha Sahel, ministre de l’Intérieur. Très rassurant, il coupe court au sujet de la criminalité au Maroc: « Il n’y pas de quoi s’affoler! «. Malheureusement, au delà de son évaluation, les faits parlent d’eux-mêmes: Délinquance sur la voie publique, trafic de stupéfiants, source de violence frappant en priorité les jeunes, vol de voitures, violence urbaine, insécurité routière, vague de crimes perpétrés récemment à Casablanca et dans d’autres villes du Maroc. A toutes ces questions, M. Sahel porte une seule réponse : « les crimes ont été gonflés par la presse et les rumeurs, alors qu’il s’agit de cas normaux «. Dans son exposé présenté aux députés, le ministre ne dit pas autre chose. Mais en d’autres termes. Il a souligné que la situation n’est pas grave, comparativement à la population marocaine, en ajoutant que tous les faits délictueux commis dernièrement sont généralement non organisés et non planifiés. Aux yeux de M. Sahel, la délinquance au Maroc n’a pas changé de nature et n’a pas pris des proportions alarmantes.
Objectif sécurité
Chiffres à l’appui, en 2002 les crimes et délits constatés par le département de l’Intérieur, ont atteint 245.102 cas. Ce nombre était de 270.844 en 2001 alors qu’en 2000, il était de 265.027.
« Le taux de criminalité n’est pas vraiment grave et il est en deçà de ce que rapporte la presse», conclut M. Sahel. Afin d’appuyer cette tendance, le ministre entend remuer le fer dans la plaie en ce qui concerne l’ordre et la sécurité. Ainsi, il compte renforcer le dispositif policier, notamment, dans les régions ayant connu une forte extension urbaine. La police administrative revient sur la voie publique par les tournées des membres des forces auxiliaires accompagnés de policiers. Des brigades spéciales de motards, habillés en civil dont également déployés. Dans le même ordre d’idées, 1300 agents de police ont été recrutés dans les grandes villes comme Casablanca ( 700 agents), Fès, Tanger et Marrakech. Les villes de Marrakech et d’Agadir bénéficient de deux nouvelles unités de forces auxiliaires. Près de 2.000 agents sont en cours de formation. Côté situation matérielle des agents de police, M. Sahel a indiqué, sans préciser aucun délai, qu’un projet de décret sera prochainement soumis au Conseil du Gouvernement. Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur a précisé avec force que l’un des facteurs de la réussite de la politique sécuritaire est l’identification de la population qui passe impérativement par l’obtention de la CIN.
Ainsi, à la date du 15 avril, le nombre de Marocains qui ont obtenu cette pièce est passé à plus de 18 millions. Un signe d’optimisme pour M. Sahel. Surtout, en cette période préélectorale.
H.Z.