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Les jeunes boudent les listes électorales Politique

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Publier le : April 24, 2003

A mi-chemin, entre prudence et audace ! Le gouvernement n’a pas encore tranché sur le délai prévu pour les prochaines communales. Bien au contraire, à quelques semaines seulement de ces consultations, l’Exécutif que préside Driss Jettou invite les partis à s’exprimer clairement à ce sujet. En plus, avec le prolongement des délais d’inscription sur les listes électorales, il est devenu quasi impossible d’organiser les prochaines communales le 13 juin, comme prévu. Le débat est donc ouvert et le gouvernement est à l’écoute de toutes les formations politiques. Déjà, certains dirigeants continuent d’évoquer le marasme suscité par la guerre contre l’Irak, et les réticences vis-à-vis du processus démocratique. Dans certains milieux, l’on ne cesse de parler déjà d’un danger à double visage, soit d’une part, un taux d’absentéisme élevé le jour du vote, et d’autre part, un raz de marée des islamistes aux élections. Il existe également, dans ce sens, un risque de désaffection puisque les mois de juin et juillet coïncident avec la période des examens puis celle des vacances. En attendant, les propos du gouvernement invitent à l’optimisme. Selon les sources du ministère de la Communication, le nombre de demandes d’inscription sur les listes électorales a atteint 966.000 au 14 avril courant. Un chiffre qualifié par le gouvernement de probant. Cependant, le discours sur la désaffectation politique des jeunes demeure d’actualité au sein des chercheurs et autres observateurs avertis de la scène politique nationale.
Comme l’a fait remarquer un analyste, il s’agit d’une déduction qu’impose, entre autres, la lecture des chiffres indéniablement faibles, de participation aux différents scrutins qui se sont succédé ces cinq dernières années. Qu’ils soient le signe de désaffection à l’égard de la politique ou la simple expression d’un choix démocratique, ces taux de participation donnent matière à réflexion. Un corps électoral composé de plus de 2 millions d’électeurs mérite que l’on s’y intéresse ( C’est ce que représentent les jeunes âgés entre 18 et 20 ans qui feront leur baptême des urnes à l’occasion des communales). Côté officiel, le département d’État à la Jeunesse que dirige le socialiste  Mohamed El Gahs, propose tout un plan d’action en faveur des jeunes Marocains. Objectif: réformer et redynamiser la politique destinée aux jeunes, ainsi que les champs d’action de cette politique. Ce plan d’action s’articule, en général, autour de deux axes. Le premier tend vers la revalorisation des établissements (maison de jeunes, foyers féminins, centre de protection des mineurs, espaces sportifs, centre d’information, centres de vacances...). Le second axe concerne les contenus et les programmes d’animation, de services que doivent proposer ces établissements. Le point de départ de ce plan, selon M. El Gahs, est qualifié d’une idée à la fois simple, évidente et fondamentale. Il s’agit de la carte jeunesse. Cette pièce qui assure une reconnaissance, une visibilité pour le jeune sera destinée à toute personne âgée de 15 à 26 ans et lui assurera dans un premier temps l’accessibilité à certains services et à des réductions dans d’autres ( transport, l’accès aux stades, aux sales de cinéma, au théâtre, aux musées...). Très vite, le secrétariat d’État à la Jeunesse a d’ores et déjà prévu pour l’année en cours, un premier objectif qui est celui d’augmenter de plus le double de la capacité offerte aux jeunes en matière de colonies de vacances, qui passera de 49 000 places offertes à plus de 100.000.
Par ailleurs, qu’en est-il des organisations de jeunesse à caractère purement politique? Les communales pointent à l’horizon. La campagne d’inscription sur les listes électorales prend fin.  Participation ou pas des jeunes dans le processus électoral, l’incertitude se mêle au scepticisme quant aux rôle et contribution de ces organisations dans l’encadrement politique des jeunes ainsi qu’au niveau de la transition démocratique que vit actuellement le Maroc.

H.Z.

Trois questions à M. Soufian Khaïrat, S.G de Chabiba de l’USFP

La Nouvelle Tribune: Quelle évaluation faites-vous actuellement de la campagne d’inscription des jeunes sur les listes électorales?
M. Khaïrat:
A mon avis, le faible taux d’inscription des jeunes sur les listes électorales est dû à plusieurs raisons. L’une de ces raisons a un rapport étroit avec la nomination d’un Premier ministre non partisan. Nous avons déjà averti sur les retombées de cette nomination sur les rapports jeunes/politiques en particulier et société marocaine/politique en général. Durant les cinq années de ce qui était appelé gouvernement d’alternance, le citoyen marocain avait un pressentiment qu’il y aurait une réconciliation avec le politique. Actuellement et personnellement je me pose la question de savoir s’il est toujours utile de participer aux élections? En réalité, il n’y a pas rejet de la politique de la part des jeunes, mais il y a plutôt un regard de ces jeunes sur l’action politique qui démontre qu’ils veulent s’exprimer par leur propre moyen. Nous avons pu constater cette donne lors des manifestations de solidarité avec le peuple irakien. Par la même occasion, nous avons vu comment ces jeunes se sont exprimés politiquement.   

En tant que dirigeant d’une organisation politique des jeunes, que proposez-vous dans ce sens et en quoi consiste votre rôle ?
Ce qui est recommandé actuellement se situe au niveau de la manière et la démarche à suivre. Il faut savoir comment adapter notre action politique en faveur de ce sentiment politique chez les jeunes et comment les encadrer et leur expliquer qu’il y a divers moyens pour participer politiquement et aider au développement de la démocratie; leur montrer également que la vie politique n’est pas uniquement la participation dans les manifestations mais il existe d’autres procédés pour le faire, comme l’inscription sur les listes électorales et autres moyens. Il existe donc un décalage entre les expressions politiques des jeunes et action politique des Chabibats, des ONG et des partis. Mais, ce qui est le plus inquiétant, c’est que ce décalage risque de provoquer l’extrémisme.   

Comment se déclinent les rapports Jeunesse Ittihadia et secrétariat d’État à la Jeunesse?
L’objectivité est notre point commun. En somme, nous suivons de très près les travaux du secrétariat d’État à la Jeunesse. Et nous essayons dans cette optique d’adapter notre action avec l’orientation générale de ce département si, bien sûr, nous jugeons que cela profite aux jeunes.

Propos recueillis
par H.Zaatit



 

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