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La nouvelle configuration de Casablanca Communales 2003/ découpage électoral

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Publier le : January 23, 2003

L’été électoral des Communales s’annonce chaud à Casablanca. Le changement sera de taille à l’image de ce qui s’est produit le 27 septembre 2002. La nouveauté actuelle est celle de “l’unité de la ville”. Six grandes villes ont été choisies eu égard à leurs poids démographique, économique et territorial. Néanmoins, de toute ces six villes, Casablanca attire une appétence administrative particulière. L’aménagement de la capitale économique est entré dans son étape de gestation la plus cruciale, à savoir, son découpage administratif en 6 Arrondissements et au maximum 10 si la proposition de l’USFP est prise en considération. Actuellement, le projet de division de la ville en arrondissements est conçu et préparé par une commission spécialisée auprès de la Wilaya du Grand Casablanca. Sur les quelque 1200 conseillers communaux, il ne devrait rester que 124 élus dont 83 relèveraient des arrondissements. Le reste serait élu directement au Conseil de la Ville. De ce fait, ce dernier comprendrait 41 membres élus directement selon le mode de scrutin par liste, au lieu du suffrage universel direct dans les communes respectives comme par le passé. Le projet de découpage administratif précise déjà la configuration des futures Arrondissements de la ville de Casablanca. Ils sont au nombre de six et leurs noms restent encore à trouver.

Arrondissement sur mesure

Le premier Arrondissement comprend Moulay Rchid, Sidi Othman, Sidi Moumen et Ahl Al Ghoulam, d’une population de près de 600 mille habitants. Le deuxième regroupe Salmia, Sebata, Ben M’sik et Drissia pour une population d’environ 550 mille habitants. Le troisième : Aïn Chok, Hay Hassani, Sidi Maârouf et Lissasfa avec quelque 540 mille habitants. Le quatrième : Bouchentouf, Derb Soltan, Al Fida et Roches Noires avec 480 mille habitants. Le cinquième : Anfa, Moulay Youssef, Sidi Belyout et Maârif avec plus de 600 mille habitants. Le sixième : Sidi Bernoussi, Hay Mohammadi et Ain Sebaâ. Dans le cadre de ce nouveau découpage prévu pour la ville de Casablanca, Chaque Arrondissement aurait son Conseil composé de 21 membres, à l’exception de l’Arrondissement de Bouchentouf, Derb Soltan, Al Fida et Roches Noires dont le Conseil ne comprendrait dans ses rangs que 19 membres. Le nombre d’habitants joue un rôle important dans la composition d’un Arrondissement. A titre d’exemple, l’Arrondissement Moulay Rchid compte 560 mille habitants qui vont élire un Conseil d’arrondissement composé de 21 membres, 7 par voie de scrutin de liste et 14 par vote uninominale. Même opération pour les arrondissements de Ben M’sick ( 530 mille habitants), Aïn Chok (540 mille habitants) et Sidi Bernoussi (540 mille habitants) et Sidi Belyout (570 mille habitants). Le Conseil de l’Arrondissement Bouchentouf, quant à lui, aurait 19 membres, 13 par scrutin uninominal et 6 par scrutin de liste. Néanmoins, a en croire quelques conseillers communaux, le projet de découpage de la métropole soulève quelques questions concernant, en particulier, la territorialité des Arrondissements. C’est le cas de certains centres, ajoutent-ils, plus au moins grands comme Mohammedia, Médiouna, Dar Bouazza, etc...qui obtiendraient leurs autonomies ou dépendraient d’autres préfectures.

Ambiguïté

Pour d’autres, si ce découpage respecte en gros la même configuration des anciennes préfectures du grand Casablanca, Il pose, néanmoins, un problème de fond qui n’est autre que celui du nombre des conseillers par Commune. Le Conseil communal de Sidi Maârouf, à titre d’exemple, compte actuellement 33 conseillers. Cette Commune se considère comme l’une des plus importantes en matière de TVA puisque sur son territoire existe l’un des plus importants quartiers industriels du Maroc. Or selon le projet en question, un seul conseiller représenterait cette Commune dans le Conseil d’Arrondissement. Chose que nombre d’élus locaux rejettent étant donné que cela ne peut suffire. Autre remarque, comment peut-on intégrer la Commune rurale d’Ahl Lghlam à Moulay Rchid alors qu’elle a fait des années pour s’accommoder avec la préfecture de Sidi Bernoussi? Comment exclure les Communes rurales de Médiouna ou Bouskoura du reste du Grand Casablanca? A ces questions et autres, la Commune Urbaine de Sidi Moumen a essayé de donner des réponses en organisant une journée d’étude consacrée à “ la nouvelle réforme communale”. Ainsi, pour M. Brahim Ziani, professeur à l’Ecole Nationale d’Administration Publique, l’une des principales données de cette réforme sur les Collectivités Locales au Maroc, c’est qu’elle a pu rationaliser le système communal en comblant les grandes lacunes issues de 26 ans d’expérience en matière de gouvernance locale. Pour sa part, M. Mohamed Yaâcoubi, universitaire à la faculté de Salé,  a indiqué qu’une première lecture de la nouvelle réforme démontre à quel point l’Etat perçoit le rôle que devrait jouer une Collectivité Locale pour la gestion de ses affaires locales. D’après M. Hassan Ouazzani Chahdi, universitaire à Casablanca, la multiplication des communes dans les grandes villes et l’institution des Communautés Urbaines a porté atteinte à leur unité. D’autres intervenants ont affirmé que la nouvelle réforme communale est un grand acquis pour la décentralisation au Maroc. Dans tous les cas, en attendant l’été prochain, il’y a lieu de penser qu’au fur et à mesure aux échéance communales qui approchent, les manoeuvres, les tractations et les marchandages politiques qui s’accentuent. Un constat qui cristallise la médiocrité d’une grande partie de la classe politique nationale à l’orée de toute consultation  électorale.

H.Z.


Encadré
Conseil de la Ville/Communauté Urbaine

M. Abbadi Driss, professeur à la faculté de Droit à Mohamédia : Le système de la Communauté urbaine se présente comme un ensemble de communes indépendantes les unes des autres, ayant chacune ses propres moyens, sans réelle coordination entre elles.  La plupart des 14 Communautés urbaines formant les grandes villes du Maroc sont devenues des unités “ingérables”. La réforme les a remplacées par le Conseil de la Ville calqué sur le modèle français des grandes villes Paris-Lyon-Marseille. Ce système fonctionne au moyen d’une commune unique pour toute la ville, en tant que collectivité locale ayant la personnalité morale et l’autonomie financière, avec un Conseil municipal (Conseil de la Ville). Les anciennes communes sont transformées en arrondissements dotés de Conseils et de Présidents mais n’ayant qu’un statut de démembrement de la commune et disposant de pouvoirs limités de gestion déléguée.



 

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